L’enrichissement de l’uranium, un processus
technique particulièrement complexe
le 14 avril 2006 à 00h00
L’enrichissement de l’uranium, que l’Iran a annoncé mardi avoir maîtrisé, permet de produire du combustible pour alimenter une centrale nucléaire, mais aussi le matériau pour la charge fissile d’une bombe atomique.
L’uranium, un métal gris et dur présent dans plusieurs minerais, est un élément radioactif naturel qui contient deux isotopes, le U-238 et le U-235. Toutefois, l’isotope 235, le seul intéressant pour les centrales comme pour la fabrication d’une bombe, car fissile, est disponible en proportion trop faible (0,7 %). Afin d’alimenter un réacteur nucléaire à usage civil, il faut que ce taux d’U-235 se situe approximativement entre 4 et 5 %, tandis que l’efficacité d’une bombe A est maximale à partir de 90 %. Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Gholamreza Aghazadeh, a annoncé mardi que « le 9 avril, nous avons réussi à enrichir de l’uranium à 3,5 % ».
Dans un premier temps, l’oxyde d’uranium (U-308), ou « yellowcake », est converti en un composé gazeux (UF6), l’hexafluorure d’uranium. L’Iran a annoncé mardi avoir produit 110 tonnes d’UF6. Pour enrichir l’uranium, on a recours ensuite à des centrifugeuses, des cylindres dans lesquels l’UF6 est soumis à des vitesses de rotation extrêmes. Les atomes d’uranium les plus lourds (U-238) se portent à la périphérie de la machine, tandis que les plus légers (U-235) restent au centre. Le gaz récupéré au centre est envoyé dans une deuxième centrifugeuse qui répète le processus, et ainsi de suite, dans une série de « cascades » de machines. Selon l’ex-président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani, l’Iran a procédé à l’enrichissement avec une cascade de 164 centrifugeuses.
Le degré de concentration de l’uranium en isotope U-235 est notamment fonction du nombre de centrifugeuses utilisées, de leur efficacité et de la durée du procédé. Les usines d’enrichissement d’uranium ayant recours à ce procédé utilisent plusieurs milliers de centrifugeuses. M. Aghazadeh a indiqué mardi que son organisation tentera de « créer, d’ici à la fin de l’année, un ensemble de 3 000 centrifugeuses ».
Selon l’Institut américain international pour la science et la sécurité internationale (ISIS), une installation de 1 500 centrifugeuses est suffisante pour produire en un an plus d’uranium militaire, c’est-à-dire hautement enrichi, que nécessaire pour une seule bombe atomique.
L’enrichissement de l’uranium, que l’Iran a annoncé mardi avoir maîtrisé, permet de produire du combustible pour alimenter une centrale nucléaire, mais aussi le matériau pour la charge fissile d’une bombe atomique.
L’uranium, un métal gris et dur présent dans plusieurs minerais, est un élément radioactif naturel qui contient deux isotopes, le U-238 et le U-235. Toutefois, l’isotope 235, le seul intéressant pour les centrales comme pour la fabrication d’une bombe, car fissile, est disponible en proportion trop faible (0,7 %). Afin d’alimenter un réacteur nucléaire à usage civil, il faut que ce taux d’U-235 se situe approximativement entre 4 et 5 %, tandis que l’efficacité d’une bombe A est maximale à partir de 90 %. Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Gholamreza...
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