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Actualités - Opinion

Courrier Nous sommes, nous, jeunes Libanais, la seule condition de l’existence du Liban

Réformer le Liban ! C’est un peu comme acheter un trousseau tout neuf pour un bébé qui ne va pas naître! C’est un Liban libre qu’il faudrait réformer. Mais, hélas, ce rêve me semble être très loin de se réaliser ! Liban libre… Joli nom pour un bébé dont nous avons vu la première échographie le 14 février et qui a été avorté le 15 mars ! À peine un mois… et le rêve mourut. Excusez-moi, donc, si je ne vois aucun chemin parsemé de fleurs, aucun printemps, aucun avenir. Peut-être je ne voulais pas entendre cette voix qui pleurait la mort du rêve, je ne voulais pas la croire. Mais depuis la mort de Gebran Tuéni, cette voix s’élève de plus en plus « crescendo », je ne peux plus l’éviter … Un dimanche, il y a quelque temps déjà, ces sanglots lointains se transformèrent en des cris hystériques me martelant le crâne : c’était le quarantième de la mort de Gebran, ce fou de la liberté qui est mort pour un pays et un peuple indignes de son sacrifice ! « Quelle terre mérite-t-elle que l’on meure pour elle, la jungle, la ferme ou la patrie ? » C’est peut-être cette interrogation soulevée récemment par Mgr Élias Audeh qui m’a donné le courage de laisser libre cours à mes pensées, jugées peut-être trop cyniques. Cyniques, douloureuses, brutales, pessimistes… Mes pensées le sont, je l’avoue, mais elles portent en elles une révolte, un amour, un rêve, un enfant, un Liban ! C’est un appel que je lance à tous ceux qui partagent mes sentiments : sauvons le Liban si nous voulons le réformer, encore faut-il qu’il existe. Comment donner une nouvelle forme à un pays qui risque la disparition ? Combien de rêves avortés devons-nous encore subir ? Tous ces leaders qui passent chaque jour à la télévision sont « stériles » et nous ne devons pas nous attendre à ce qu’ils réalisent notre rêve. C’est à nous, les jeunes Libanais, d’y croire et d’y travailler, quelles que soient les difficultés. Le pays est précipité vers l’abîme, c’est à nous de le sauver. Gebran Tuéni est mort, c’est à nous de le ressusciter. Arrêtons d’admirer ces héros du passé, arrêtons d’entendre leurs slogans dépassés, arrêtons d’adhérer à leur monde pollué de mensonges et de rancunes. Nous sommes la seule condition de l’existence du Liban et la seule base de sa future réforme. Si nous nous unissons, le bébé pourrait voir le jour, peut-être pas dans neuf mois, mais il verra certainement le jour… Gebran Khalil Gebran a dit un jour : « Les enfants de demain sont ceux que la vie a appelés, ils la suivent d’un pas ferme et la tête haute ; ils sont l’aube d’une ère nouvelle ; aucune fumée ne voilera leurs yeux et aucun cliquetis de chaînes n’assourdira leurs voix. Ils sont peu nombreux, mais aussi différents qu’un grain de blé et une meule de foin. Personne ne les connaît, mais ils se connaissent entre eux. » Dont acte… Rita SASSINE Étudiante en mastère information et communication Université Saint-Joseph

Réformer le Liban ! C’est un peu comme acheter un trousseau tout neuf pour un bébé qui ne va pas naître! C’est un Liban libre qu’il faudrait réformer. Mais, hélas, ce rêve me semble être très loin de se réaliser !
Liban libre… Joli nom pour un bébé dont nous avons vu la première échographie le 14 février et qui a été avorté le 15 mars ! À peine un mois… et le rêve mourut. Excusez-moi, donc, si je ne vois aucun chemin parsemé de fleurs, aucun printemps, aucun avenir. Peut-être je ne voulais pas entendre cette voix qui pleurait la mort du rêve, je ne voulais pas la croire. Mais depuis la mort de Gebran Tuéni, cette voix s’élève de plus en plus « crescendo », je ne peux plus l’éviter …
Un dimanche, il y a quelque temps déjà, ces sanglots lointains se transformèrent en des cris hystériques...