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COLLECTIONS Quand Abbas revisite le technicolor

En 1998, frais émoulu d’Esmod et des Beaux-Arts de Paris, Abbas est écartelé entre l’envie de peindre et celle de créer des robes. Qu’à cela ne tienne, il fera les deux. En moins de dix ans de carrière, il roule sa bosse, s’essaye dans les pays du Golfe et en Russie où il tente une expérience dans le prêt-à-porter. Mais la Russie est un pays difficile, quasiment fermé aux non-initiés de la société moscovite. C’est donc à Beyrouth que le jeune couturier laissera éclater son inspiration. Chez lui, il n’a aucun mal à se démarquer, puisque ses tissus ne ressemblent à rien de connu en ville, ni même dans la région. En effet, Abbas peint lui-même ses motifs sur la soie. Avec une technique qu’il s’est attelé à mettre au point au bout de maints essais et recherches. Non, vous affirme-t-il avec un sourire, ce n’est pas de l’ « air-brush ». Ce diffuseur de peinture à air comprimé peut donner des effets magiques sur une toile, mais sur les tissus délicats, ceux-ci deviennent pâteux et produisent des bavures disgracieuses. Abbas dessine donc ses motifs avec une peinture qui s’efface au lavage. Il procède ensuite au remplissage avec une peinture pour soie qu’il traite au pinceau, par petites touches, comme sur un tableau. Les dessins qu’il affectionne sont à la fois simples et complexes. Ils chantent la vie entre lèvres et soleil et transforment l’inspiration naïve en psychédélisme parfois délirant. Mais les récréations du peintre sont loin d’éclipser le sérieux du couturier qui se manifeste dans des lignes simples et classiques, avec un souci du détail qui promet à Abbas un bel avenir.
En 1998, frais émoulu d’Esmod et des Beaux-Arts de Paris, Abbas est écartelé entre l’envie de peindre et celle de créer des robes. Qu’à cela ne tienne, il fera les deux. En moins de dix ans de carrière, il roule sa bosse, s’essaye dans les pays du Golfe et en Russie où il tente une expérience dans le prêt-à-porter. Mais la Russie est un pays difficile, quasiment fermé aux non-initiés de la société moscovite. C’est donc à Beyrouth que le jeune couturier laissera éclater son inspiration. Chez lui, il n’a aucun mal à se démarquer, puisque ses tissus ne ressemblent à rien de connu en ville, ni même dans la région. En effet, Abbas peint lui-même ses motifs sur la soie. Avec une technique qu’il s’est attelé à mettre au point au bout de maints essais et recherches. Non, vous affirme-t-il avec un sourire,...