Certains observateurs, craignent que le débat sur la présidence et sur l’armement de la Résistance ne traîne trop en longueur. Parce que, selon eux, cela faciliterait l’entrée en ligne de la Syrie pour une prise en main contrariante de ces deux dossiers-clés.
D’après eux, en déclarant accueillir favorablement le dialogue entre Libanais, la Syrie ne s’attendait pas du tout à ce que les interlocuteurs parviennent à s’entendre sur un certain nombre de sujets, comme ils l’ont fait. Prise de court, elle n’a pas pu intervenir pour faire achopper le dialogue. Mais, toujours selon les mêmes sources, Damas garde une marge de manœuvre sur les thèmes qui lui importent le plus, la présidence et la carte du Liban-Sud via l’armement de la Résistance.
Pour ces mêmes observateurs, l’immixtion syrienne pointe le bout de son nez à travers les déclarations des dirigeants du Hezbollah, qui répètent que rien ne changera, côté armement et activité résistante, tant qu’une paix globale n’aura pas été conclue dans la région. Le président Lahoud leur fait volontiers écho, en indiquant pour sa part que tout est lié au retour dans leurs foyers des réfugiés palestiniens. Le général Michel Aoun, de son côté, estime qu’on ne peut évincer le chef de l’État avant de s’être entendu sur la succession, pour éviter une vacance de pouvoir. Enfin, l’ancien ministre Wi’am Wahhab annonce qu’il est interdit au président Lahoud de démissionner, sans préciser que cet interdit vient de la Syrie, mais cela va de soi.
Dès lors, des participants au dialogue conviennent que la présidentielle va être difficile à régler, que cela va prendre du temps. D’autant qu’il y a des tentatives de diversion, comme la proposition Aoun-Nasrallah d’étudier le plan de redressement économique et la loi électorale. Cette question est déjà confiée à une commission qui doit remettre ses conclusions au gouvernement, pour transmission à la Chambre. La table ronde n’a pas à en connaître. Si elle devait le faire, on prendrait ainsi des mois et des mois. Quant au plan de redressement, c’est affaire du gouvernement, qui a élaboré un projet de réformes, d’ailleurs transmis aux interlocuteurs. En tout cas, le président Lahoud aura pu écouler sans encombre la plus claire partie de son mandat prorogé.
Mais même sans rajouts à l’ordre du jour, la présidentielle et l’armement ne vont pas être réglés de sitôt. Des cadres du 14 Mars craignent donc que la Syrie ne tente de torpiller un accord si elle ne joue pas un rôle, direct ou indirect. Ils soulignent que la Syrie bénéficie d’une influence prépondérante sur ses alliés locaux. Et pourrait leur demander de lever le plafond des enchères et des conditions obstructionnistes pour faire sauter le dialogue.
Le prix d’une éviction du président Lahoud et d’un retrait de la course du général Aoun serait sans doute un président convenant à la Syrie. Le désarmement du Hezbollah après la libération de Chebaa, sans attendre la paix globale, ou son intégration dans un système de défense nationale, implique tout d’abord que la Syrie accepte de signer un document conjoint sur l’enclave à remettre aux Nations unies, afin qu’elle passe de la 242 à la 425 et qu’Israël s’en retire. Quant à l’établissement des relations diplomatiques, il suppose une reprise des contacts entre officiels des deux pays sans attendre les résultats de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri. Même la préparation de Beyrouth I nécessite une attitude positive de la part de la Syrie, sans quoi ses alliés mettraient des bâtons dans les roues. On les voit d’ailleurs se dresser déjà contre les privatisations, élément essentiel du redressement.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Certains observateurs, craignent que le débat sur la présidence et sur l’armement de la Résistance ne traîne trop en longueur. Parce que, selon eux, cela faciliterait l’entrée en ligne de la Syrie pour une prise en main contrariante de ces deux dossiers-clés.
D’après eux, en déclarant accueillir favorablement le dialogue entre Libanais, la Syrie ne s’attendait pas du tout à ce que les interlocuteurs parviennent à s’entendre sur un certain nombre de sujets, comme ils l’ont fait. Prise de court, elle n’a pas pu intervenir pour faire achopper le dialogue. Mais, toujours selon les mêmes sources, Damas garde une marge de manœuvre sur les thèmes qui lui importent le plus, la présidence et la carte du Liban-Sud via l’armement de la Résistance.
Pour ces mêmes observateurs, l’immixtion syrienne pointe le bout...