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Compétitivité : les 25 doivent passer des paroles aux actes

Les États membres de l’UE doivent passer de la parole aux actes pour offrir une dernière chance de succès à la stratégie de Lisbonne pour la compétitivité européenne, enlisée depuis son lancement en 2000, juge le président de la Commission. « Le moment de l’action est venu », répète de tribune en tribune le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso. Les objectifs du sommet de Lisbonne en 2000, qui avaient pour ambition de faire de l’UE « l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde en 2010 », sont toujours valables, « mais ils ne sont pas appuyés sur un processus adéquat », analysent Jean Pisani-Ferry et André Sapir, économistes de Bruegel, laboratoire d’idées bruxellois. Lisbonne « mérite néanmoins une dernière tentative de sauvetage », estiment-ils. La relance en 2005 du projet sur la compétitivité, devant l’absence de résultats, tentait de remédier au défaut congénital de « Lisbonne I », à savoir des objectifs européens, mais une mise en œuvre dépendant presque exclusivement des États membres. Les 25 ont par conséquent transmis à l’automne 2005 leurs programmes nationaux de réforme (PNR) respectifs à la Commission, qui les a évalués sans toutefois les noter. Les objectifs ont été concentrés sur quelques priorités nationales dans chaque pays et le nombre des indicateurs a été considérablement réduit. Ainsi, le seul objectif vraiment commun est l’engagement de porter les dépenses de recherche et développement à 3 % du PIB en 2010, niveau dont tous les pays, sauf la Suède (3,75 %) et la Finlande (3,51 %), sont encore éloignés. La France est à 2,16 %, l’Allemagne à 2,49 %. Mais les efforts de relance du projet en 2005 (Lisbonne II) laissent encore sceptiques les observateurs. « Les États membres ont refusé que l’on nomme et blâme » les mauvais élèves, regrette M. Pisani-Ferry, de Bruegel. « La Commission n’a pas insisté car elle voit son rôle comme celui d’un coach, pas d’un maître d’école », ajoute-t-il. Cette critique est rejetée par la Commission. « Si vous nommez et blâmez des décisions bénéficiant d’une légitimité démocratique, vous aurez leurs auteurs contre vous », affirme Gregor Kreuzhuber, porte-parole du vice-président Günter Verheugen, chargé du suivi de la stratégie de Lisbonne. Les économistes de Bruegel critiquent l’absence d’une méthodologie clairement affichée par Bruxelles pour mesurer les performances des États membres, à l’opposé du travail de l’OCDE. Le tableau d’honneur 2005 de la stratégie de Lisbonne, rendu public lundi à Bruxelles par le Centre for European Reform, confirme le Danemark et la Suède aux deux premières places, suivis par les États membres petits (à l’exception du Royaume-Uni, 4e) et réformateurs.
Les États membres de l’UE doivent passer de la parole aux actes pour offrir une dernière chance de succès à la stratégie de Lisbonne pour la compétitivité européenne, enlisée depuis son lancement en 2000, juge le président de la Commission.
« Le moment de l’action est venu », répète de tribune en tribune le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso.
Les objectifs du sommet de Lisbonne en 2000, qui avaient pour ambition de faire de l’UE « l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde en 2010 », sont toujours valables, « mais ils ne sont pas appuyés sur un processus adéquat », analysent Jean Pisani-Ferry et André Sapir, économistes de Bruegel, laboratoire d’idées bruxellois.
Lisbonne « mérite néanmoins une dernière tentative de sauvetage », estiment-ils.
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