La juge chargée du procès du Français Zacarias Moussaoui, qui se déroule devant le tribunal d’Alexandria (Virginie), a décidé hier de sa poursuite en dépit d’une violation des droits de la défense, mais a exclu sept témoins cruciaux pour la thèse de l’accusation.
L’accusation au procès, le premier aux États-Unis en lien avec les attentats du 11-Septembre, avait imploré la juge auparavant de sauver l’affaire, après la violation des droits du Français constatée la veille.
Le procès au tribunal fédéral d’Alexandria (État de Virginie, non loin de Washington) a démarré le 6 février et a pour seul but de déterminer si Moussaoui doit être condamné à mort pour sa complicité avec les auteurs des attentats qui ont tué près de 3 000 personnes. Comme Moussaoui, 37 ans, a plaidé coupable de complicité avec ses auteurs, il serait condamné d’office à la prison à vie si la procédure avait été annulée, alors que le gouvernement américain souhaite obtenir sa condamnation à mort.
« Nous avons travaillé très dur sur cette affaire pendant plus de quatre ans et demi (...) la vérité ici n’a pas changé », a plaidé Robert Spencer, qui dirige à l’audience l’équipe de l’accusation.
L’audience se déroulait sans la présence du jury et était uniquement destinée à déterminer l’ampleur de la violation des droits de Moussaoui.
La veille, la juge Leonie Brinkema, en charge de l’affaire, avait annoncé qu’une avocate de l’Administration en charge de la sécurité dans les transports (TSA) avait tenté d’influencer le témoignage à venir de sept employés ou anciens employés de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA), dans un sens favorable à l’accusation. Elle a décidé de suspendre pendant deux jours – lundi et mardi – le procès pour interroger ces témoins et l’avocate, Carla Martin, qui a depuis été récusée, et décider si elle doit annuler toute la procédure.
Signe de la gravité de l’incident, le chef du parquet fédéral dans le district est de Virginie, Paul McNulty, qui occupe aussi un très haut poste au ministère de la Justice, était présent à l’audience, juste derrière M. Spencer. Tout en admettant que Mme Martin avait employé des « méthodes inexcusables », M. Spencer a tenté de dissocier l’avocate de son équipe : « Elle ne fait pas partie de l’équipe de l’accusation. Elle agissait au nom de la FAA. » M. Spencer a estimé qu’une annulation serait une sanction « trop forte », pour cette violation.
L’avocate Carla Martin, petite femme enrobée aux cheveux peroxydés, a demandé un délai supplémentaire à la juge pour s’expliquer, arguant que son avocat n’était pas immédiatement disponible pour l’assister.
Quatre des témoins ont ensuite été entendus et ont assuré que leur témoignage n’avait pas été influencé. Lynne Osmus, qui occupe le poste d’administrateur adjoint pour les questions de sécurité au sein de l’Administration de l’aviation fédérale (FAA), et son second Claudio Manno ont tous les deux été récipiendaires de courriers électroniques de l’avocate leur livrant des transcriptions de l’audience et des conseils favorables à l’accusation, en violation flagrante des droits de la défense. Mme Osmus a indiqué qu’elle avait elle-même indiqué à l’avocate Carla Martin qu’elle ne changerait pas son témoignage à venir. « Je ne peux témoigner que sur les faits tels que les connais », a dit pour sa part M. Manno, niant aussi avoir été influencé.
Patrick McDonald, ancien directeur du renseignement au sein de la FAA, et Matthew Kormann, de l’Administration supervisant la sécurité dans les transports, en ont fait autant.
« Que Dieu maudisse l’Amérique, nation de merde », a dit pour sa part Moussaoui avant de quitter la salle lors d’une suspension d’audience.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La juge chargée du procès du Français Zacarias Moussaoui, qui se déroule devant le tribunal d’Alexandria (Virginie), a décidé hier de sa poursuite en dépit d’une violation des droits de la défense, mais a exclu sept témoins cruciaux pour la thèse de l’accusation.
L’accusation au procès, le premier aux États-Unis en lien avec les attentats du 11-Septembre, avait imploré la juge auparavant de sauver l’affaire, après la violation des droits du Français constatée la veille.
Le procès au tribunal fédéral d’Alexandria (État de Virginie, non loin de Washington) a démarré le 6 février et a pour seul but de déterminer si Moussaoui doit être condamné à mort pour sa complicité avec les auteurs des attentats qui ont tué près de 3 000 personnes. Comme Moussaoui, 37 ans, a plaidé coupable de complicité...