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Actualités - Chronologie

Les fermes de Chebaa, pierre d’achoppement du dialogue

Les fermes de Chebaa, un minuscule territoire de 20 km2 qui surplombe le lac de Tibériade, principale source d’eau d’Israël, constituent la principale pierre d’achoppement des relations libano-syriennes et menacent de faire capoter la conférence de dialogue. À l’époque de la tutelle syrienne, le gouvernement avait fait siens les arguments du Hezbollah pour qui le retrait israélien du Liban-Sud ne serait pas total tant que Beyrouth n’aura pas récupéré les fermes de Chebaa. Mais pour l’ONU, ce territoire relève de la résolution 242 qui traite du contentieux syro-israélien, car il avait été conquis par Israël sur la Syrie – et non sur le Liban – lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Au lendemain du retrait israélien du Liban-Sud en mai 2000, l’Onu avait ainsi jugé que l’État hébreu s’était totalement retiré du pays du Cèdre, rendant de facto caduques les opérations militaires du Hezbollah dont les combattants sont postés à la frontière, une argumentation réaffirmée en substance par la résolution 1559 de l’ONU. La polémique a été relancée comme on le sait par le chef du PSP, Walid Joumblatt, provoquant la suspension du dialogue. M. Joumblatt refuse d’entériner dans l’état actuel le caractère libanais des fermes de Chebaa et exige au préalable que la Syrie reconnaisse officiellement que cette zone est bien libanaise en se pliant à un tracé de frontières, certifié par l’ONU. Ce faisant, la Syrie obligerait Israël, au regard du droit international, de rendre ce territoire au Liban. Dans le cas contraire, l’armement du Hezbollah serait légitimé. Une telle procédure exige une coopération entre les parties antagonistes : Israël, le Liban et la Syrie. Épine supplémentaire : si ce territoire revient sous souveraineté libanaise, les volets syrien et libanais du conflit avec Israël seront dissociés, ce qui va à l’encontre des intérêts de Damas. Le règlement du contentieux libano-israélien fera de la Syrie le seul pays arabe dont une portion de territoire, le plateau du Golan, reste occupée. Du coup, Damas pourra difficilement continuer de se servir de cette affaire dans son conflit avec l’État hébreu. En fait, le secteur de Chebaa constitue un terrain d’intervention syrien au Liban depuis les années 1950, une époque où les relations étaient déjà tendues entre Damas et Beyrouth. Dès 1957, la Syrie avait annexé de facto ce territoire en y déployant des militaires. Damas prétextait de la nécessité de contrôler cette zone stratégique pour permettre des opérations anti-israéliennes dans la région du lac de Tibériade qu’elle revendique. Cette quasi-annexion avait déjà provoqué des notes de protestation du Premier ministre de l’époque, Sami el-Solh, et avait alimenté des plaintes du Liban auprès de la Ligue arabe et de l’ONU. Beyrouth y accusait la Syrie d’infiltrer, notamment par les fameuses fermes, des hommes et du matériel destinés à permettre la rébellion de 1958 contre son régime. Les plaintes avaient été retirées, sans que le Liban n’obtienne le retour du secteur de Chebaa jusqu’à la guerre de 1967. Résultat : lors de son offensive militaire, l’armée israélienne trouvera face à elle dans cette zone des militaires syriens et non libanais. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, des cartes syriennes incluent la zone de Chebaa en territoire syrien, selon l’expert et géographe Issam Khalifé.
Les fermes de Chebaa, un minuscule territoire de 20 km2 qui surplombe le lac de Tibériade, principale source d’eau d’Israël, constituent la principale pierre d’achoppement des relations libano-syriennes et menacent de faire capoter la conférence de dialogue.
À l’époque de la tutelle syrienne, le gouvernement avait fait siens les arguments du Hezbollah pour qui le retrait israélien du Liban-Sud ne serait pas total tant que Beyrouth n’aura pas récupéré les fermes de Chebaa.
Mais pour l’ONU, ce territoire relève de la résolution 242 qui traite du contentieux syro-israélien, car il avait été conquis par Israël sur la Syrie – et non sur le Liban – lors de la guerre israélo-arabe de 1967.
Au lendemain du retrait israélien du Liban-Sud en mai 2000, l’Onu avait ainsi jugé que l’État hébreu s’était...