Face à la dépendance énergétique croissante de l’UE, la Commission européenne a appelé hier les 25 à mettre en place une véritable politique énergétique communautaire et à en finir avec le « nationalisme » qui bloque l’émergence d’un grand marché énergétique européen.
« La demande croît, les réserves européennes diminuent (...), l’Europe ne peut pas se permettre plus longtemps d’avoir 25 différents marchés et politiques énergétiques », a déclaré le président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, en présentant le Livre vert de son équipe sur l’énergie.
À l’heure où les grandes manœuvres dans le secteur européen – l’offensive de l’allemand E.ON sur l’espagnol Endesa, la fusion de Gaz de France et Suez pour contrer un raid de l’italien Enel – ont réveillé certains réflexes patriotiques, M. Barroso a aussi appelé à « refuser toute forme de nationalisme ». « Au début de la construction de l’UE, tout était stratégique. Maintenant on dit que l’énergie c’est stratégique. Bien sûr c’est stratégique, mais est-ce que le centre stratégique doit être au niveau national ou au niveau européen ? c’est ça la question », a lancé M. Barroso.
Ce Livre vert, qui doit servir de base à une discussion mardi des ministres de l’Énergie de l’UE puis au sommet européen des 23 et 24 mars, met en avant six priorités, de la sécurité d’approvisionnement à la diversification des sources d’énergie en passant par l’achèvement du marché intérieur européen.
La flambée des prix du pétrole et la crise du gaz russo-ukrainienne, qui a récemment perturbé l’approvisionnement de plusieurs pays de l’UE, ont rappelé leur vulnérabilité à des Européens de plus en plus dépendants des importations et accentué « l’urgence » d’une action communautaire davantage coordonnée.
Assurer une meilleure « solidarité entre les États membres » en matière d’approvisionnement serait une des façons de s’attaquer à cette faiblesse.
Dans son Livre vert, Bruxelles préconise la création d’un « Observatoire européen de l’approvisionnement énergétique » et une révision des règles sur les stocks stratégiques de gaz et de pétrole, pour qu’ils soient en mesure de contrer « d’éventuelles ruptures d’approvisionnement ».
Pour la Commission, la sécurité énergétique passe aussi par une diversification des sources d’énergie, aussi bien de leurs origines géographiques que de leurs types.
L’exécutif européen entend ainsi passer en revue les « avantages et les inconvénients de ces différentes sources d’énergie, des renouvelables (éolien, solaire, NDLR) au charbon en passant par le nucléaire ». Pour M. Barroso, « personnellement » favorable à ce que les 25 se fixent l’objectif d’assurer 50 % de leur consommation énergétique grâce aux renouvelables d’ici à 20 ans, ce débat doit être mené sans « tabou », y compris sur le nucléaire.
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