Six grands acteurs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se retrouvent à partir de demain à Londres pour tenter de trouver un terrain d’entente sur la libéralisation des échanges, à moins de deux mois d’une échéance cruciale pour le sort du cycle de Doha.
Une entente entre les représentants de l’Australie, du Brésil, des États-Unis, de l’Inde, du Japon et de l’Union européenne, dont les responsables du commerce extérieur ont rendez-vous dans la capitale britannique, apparaît comme un préalable indispensable à tout accord entre les 149 pays membres de l’OMC.
Mais à moins d’un miracle, la réunion organisée par l’UE à Carlton House, la résidence officielle du secrétaire au Foreign Office Jack Straw, ne devrait pas faire avancer grandement la négociation, qui piétine depuis le lancement du cycle de Doha fin 2001 dans la capitale du Qatar.
Les pays en développement demandent dans le domaine agricole une baisse des subventions et des droits de douane des pays riches, alors que ces derniers réclament la réciproque dans le domaine des produits industriels et des services. Toute la question est de savoir qui bougera le premier.
Fin février, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a ainsi affirmé que Bruxelles et Washington étaient prêts à améliorer leurs offres agricoles si les autres pays faisaient des concessions sur les produits industriels et les services.
Mais les deux géants du commerce mondial ne sont pas non plus d’accord entre eux dans le dossier agricole : Washington, grand exportateur agricole, demande aux Européens de réduire davantage leurs droits de douane, alors que Bruxelles exige des Américains de plus fortes réductions des subventions directes aux agriculteurs.
Les Six doivent se retrouver demain soir à Londres et discuter toute la journée de samedi durant cette réunion interrompue par des repas de travail, avec la participation du directeur général de l’OMC, Pascal Lamy.
« Il doit y avoir un débat franc » au cours duquel les participants « parlent de chiffres », a déclaré M. Lamy hier à Madrid. « Les positions ont avancé depuis le début des négociations mais (les négociateurs) n’ont pas encore franchi le pont », a-t-il observé.
À Washington, le représentant américain pour le Commerce Rob Portman a espéré mardi « pouvoir résoudre certains sujets actuels de blocage ». « C’est maintenant avant tout une question de volonté politique », a-t-il estimé.
Le « G6 » ne s’est pas réuni depuis la conférence de Hong Kong, qui, en décembre dernier, a convenu d’éliminer les subventions aux exportations agricoles au plus tard en 2013. Mais la délicate question des droits de douane, tant agricoles qu’industriels, reste en suspens et doit être réglée au plus tard le 30 avril si l’on veut pouvoir conclure comme prévu l’ensemble de la négociation de Doha à la fin de l’année.
Les positions sont encore très éloignées : les États-Unis réclament ainsi des baisses de 90 % pour les tarifs agricoles les plus élevés, alors que l’UE ne veut pas aller au-delà de 60 %.
« Il devient urgent de rapprocher les points de vue sur les questions-clés, c’est-à-dire les chiffres », observe l’ambassadeur du Canada Don Stephenson, qui préside la négociation sur les produits industriels. « Les délais pour conclure le cycle en 2006 sont horriblement courts. »
Les protagonistes pourraient se donner une deuxième chance et se retrouver début avril à New York pour d’ultimes tractations.
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