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Actualités - Opinion

La présidence est un problème, mais y a-t-il une solution ?

Les interlocuteurs du dialogue semblent avoir tous convenu, maintenant, que le maintien du président Émile Lahoud pose un sérieux problème. Mais peuvent-ils s’entendre pour le résoudre ? Certains suggèrent qu’une délégation de la conférence, significativement conduite par sayyed Hassan Nasrallah, se rende auprès de l’intéressé pour le prier de s’évincer, au titre de l’intérêt national. Après retrait, les prérogatives de la présidence seraient imparties au Conseil des ministres, comme le veut l’article 62 de la Constitution. Une transition plus ou moins longue, selon que l’on se serait ou non entendu sur un successeur. Cette procédure remplace l’ancienne. Qui permettait au chef de l’État de désigner un président du Conseil pour assurer le relais, comme l’avait fait Béchara el-Khoury en nommant Fouad Chéhab, avant de plier bagage. Ou encore Amine Gemayel en désignant Michel Aoun. En tout cas, selon les tenants de cette idée, la relève provisoire par le Conseil des ministres permettrait d’éviter que le président Lahoud ne s’accroche jusqu’à ce qu’on s’entende sur sa succession, ce qui prendrait sans doute des mois. Encore faut-il que, délégation solennelle ou pas, l’intéressé accepte de se démettre, ce qui ne semble pas du tout être le cas. C’est ce qui pousse d’autres à estimer qu’il faut nécessairement s’entendre sur le successeur d’abord. Ils relèvent que l’article 62 de la Constitution n’est pas suffisant pour prévenir une vacance de pouvoir exécutif. Parce qu’à tout moment le gouvernement peut disparaître, soit par décès ou par démissions. Et alors, il n’y aurait plus moyen de procéder à des consultations pour former un nouveau gouvernement. Ils ajoutent que, comme les précédents cités de Béchara el-Khoury et d’Amine Gemayel, le président Lahoud serait tenté de demander de former un nouveau cabinet avant de partir. Et il choisirait lui aussi, probablement, un maronite pour le diriger. Ce qui perturberait les équilibres confessionnels au sein du pouvoir. Il est donc plus sain de se fixer d’abord sur la succession et de la régler. En pratique, la question est de savoir si les participants au dialogue peuvent s’entendre sur un nom réunissant des qualités formant un dénominateur commun. La question se pose en réalité au niveau des intentions. Il s’agit de savoir si l’on veut, ou non, dissocier ce volet d’une entente générale, pour lui permettre de se réaliser. Il faut en tout cas une figure qui inspire confiance. Quant au programme, il est celui tracé pour le pays : les réformes. Mais il reste d’importants points en suspens : les armes du Hezbollah, des Palestiniens, in and out (les camps) et les relations avec la Syrie. On doit cependant rappeler que ces sujets ne relèvent pas de la présidence de la République toute seule, mais de l’ensemble de l’Exécutif, c’est-à-dire du Conseil des ministres. En principe donc, il faut soit un nouveau gouvernement pour rédiger une nouvelle déclaration ministérielle proclamant tous les arrangements conclu, soit un manifeste adéquat du cabinet en place, en base d’un document national. Il reste que, répétons-le, selon Taëf le président de la République ne détient plus le pouvoir exécutif en exclusivité. Ce pouvoir se répartit au sein du Conseil des ministres, permettant à chaque communauté de défendre ses intérêts. Dès lors, il n’est pas besoin de poser des conditions préliminaires de programme au prochain chef de l’État, sauf au niveau de ses orientations globales. Émile KHOURY

Les interlocuteurs du dialogue semblent avoir tous convenu, maintenant, que le maintien du président Émile Lahoud pose un sérieux problème. Mais peuvent-ils s’entendre pour le résoudre ?
Certains suggèrent qu’une délégation de la conférence, significativement conduite par sayyed Hassan Nasrallah, se rende auprès de l’intéressé pour le prier de s’évincer, au titre de l’intérêt national. Après retrait, les prérogatives de la présidence seraient imparties au Conseil des ministres, comme le veut l’article 62 de la Constitution. Une transition plus ou moins longue, selon que l’on se serait ou non entendu sur un successeur.
Cette procédure remplace l’ancienne. Qui permettait au chef de l’État de désigner un président du Conseil pour assurer le relais, comme l’avait fait Béchara el-Khoury en...