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JAPON Fin de la déflation, la BoJ va freiner la planche à billets

Le Japon semble avoir vaincu pour de bon la déflation, en enregistrant une troisième hausse mensuelle consécutive des prix à la consommation, ce qui laisse présager un resserrement, peut-être dès la semaine prochaine, de la politique monétaire de la Banque centrale. L’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,5 % en janvier sur un an, sa plus forte hausse depuis mars 1998, a annoncé hier le gouvernement. C’est la première fois depuis huit ans que les prix augmentent trois mois d’affilée, ce qui donne des arguments à la Banque du Japon (BoJ) pour refermer au plus tôt le robinet à crédit gratuit à l’aide duquel elle inonde d’argent le marché interbancaire depuis 2001. « Les forces qui avaient causé la déflation au Japon ont bel et bien disparu », a commenté Stefan Worrall, économiste chez Crédit Suisse First Boston, en arguant de la hausse de l’emploi, de la forte demande intérieure et extérieure et du dynamisme de la production industrielle. « Si l’on en croit les derniers chiffres, il est de plus en plus évident que la politique monétaire est sur le point de changer », estime-t-il. Selon Takehiro Sato, économiste chez Morgan Stanley, il est « pratiquement certain » que la BoJ mettra un terme à sa politique ultra-accommodante dès la prochaine réunion de son comité de politique monétaire, les 8 et 9 courant. D’autres analystes soutiennent toutefois qu’un resserrement est plus probable en avril, une fois que les entreprises nippones auront bouclé leur exercice 2005-2006 (qui prend fin le 31 mars). Même le Premier ministre libéral Junichiro Koizumi, qui se montrait jusqu’à présent extrêmement prudent et se refusait à crier victoire, a admis que « l’on observe des signes de sortie de la déflation ». Les marchés s’attendent désormais à ce que la Banque centrale, une fois la politique monétaire actuelle jetée aux oubliettes, commence à augmenter les taux d’intérêt d’ici à la fin de l’année. Faute de pouvoir jouer sur les taux, qui avaient été ramenés à zéro depuis longtemps, la BoJ avait décidé en mars 2001 de mettre en œuvre une politique monétaire sans précédent, dite « d’assouplissement quantitatif », consistant à offrir aux banques plus de liquidités qu’elles n’en demandent dans l’espoir de relancer le crédit, enrayer la déflation et relancer l’activité économique. L’objectif paraît atteint, la deuxième économie mondiale, finalement venue à bout de la baisse des prix, a enregistré une croissance de 2,8 % en 2005, soit la meilleure performance parmi les pays industrialisés derrière les États-Unis (+3,5 %). « Les spéculations s’accélèrent. Si la Banque centrale n’agit pas rapidement, elle pourrait perdre la confiance des marchés », a averti Naomi Hasegawa, stratège chez Mitsubishi UFJ Securities. Selon le quotidien conservateur Yomiuri Shimbun, les neuf membres du comité de politique monétaire sont entrés dans la « phase finale » des négociations pour proposer de mettre fin à la politique d’assouplissement quantitatif dès jeudi prochain. Cette décision dépendra toutefois des discussions qui se dérouleront la veille, mercredi, premier jour de la réunion du comité de politique monétaire, souligne le Yomiuri.

Le Japon semble avoir vaincu pour de bon la déflation, en enregistrant une troisième hausse mensuelle consécutive des prix à la consommation, ce qui laisse présager un resserrement, peut-être dès la semaine prochaine, de la politique monétaire de la Banque centrale.
L’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,5 % en janvier sur un an, sa plus forte hausse depuis mars 1998, a annoncé hier le gouvernement.
C’est la première fois depuis huit ans que les prix augmentent trois mois d’affilée, ce qui donne des arguments à la Banque du Japon (BoJ) pour refermer au plus tôt le robinet à crédit gratuit à l’aide duquel elle inonde d’argent le marché interbancaire depuis 2001.
« Les forces qui avaient causé la déflation au Japon ont bel et bien disparu », a commenté Stefan Worrall, économiste chez...