Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Pour que le Hamas ne fasse pas le jeu d’Israël

Et si la situation n’était pas tout à fait comme elle semble l’être… Depuis le triomphe du Hamas aux législatives du 25 janvier 2006, les mouvements islamistes à travers le monde arabo-musulman ont salué ce succès considéré comme une gifle à Israël, tandis que le Hamas lui-même attribuait sa victoire écrasante face au Fateh à sa résistance armée contre l’État hébreu. Par ailleurs, les Israéliens ont vu dans l’arrivée au pouvoir du mouvement radical comme un danger pour leur sécurité, alors que les pays occidentaux craignent la fin des négociations de paix et ce d’autant plus que l’organisation islamiste prône la destruction totale de l’entité sioniste. Un scénario qui a des airs de déjà-vu. L’OLP, créée en 1964, dont le Fateh est l’une des composantes, avait en effet également pour but de « libérer » la totalité de la Palestine, et ce jusqu’à la modification de sa charte qui visait la destruction d’Israël en 1996, après les accords d’Oslo. Théoriquement, il n’est donc pas exclu que le Hamas, désormais partie prenante du jeu politique et qui dirige actuellement les institutions palestiniennes issues des accords d’Oslo, suive le même chemin. Certains experts pensent d’ailleurs qu’il s’agit uniquement d’une affaire de temps, avant que le Hamas ne modifie sa stratégie et ne s’engage dans le processus de paix avec Israël. Reste à savoir si ce processus prendra également … une quarantaine d’années. Néanmoins, quelles que soient les prises de position du Hamas, Israël pourra toujours se targuer d’avoir raison. Si le Hamas reconnaît – tôt ou tard – l’entité sioniste, le gouvernement israélien pourrait prétendre avoir pu « apprivoiser » le mouvement radical. Si, au contraire, ce dernier décide de poursuivre la lutte armée, l’État hébreu pourrait ainsi se prévaloir de l’entêtement du Hamas pour prouver au monde que ce sont les Palestiniens qui refusent la paix. En tout état de cause, plus le conflit durera, mieux cela vaudra pour Israël qui aura amplement le temps de terminer la construction de la barrière de séparation, et surtout de consolider et d’augmenter le nombre des colonies en Cisjordanie. Le retrait médiatisé des quelque 8 000 colons de la bande de Gaza en août 2005 présage dès maintenant de l’impossibilité de pouvoir déloger plus de 200 000 colons toujours installés dans les territoires occupés. Étant donné la croissance démographique des colons et le coût exorbitant d’une telle évacuation, le maintien des colonies en Cisjordanie sera, au grand dam des Palestiniens, de plus en plus justifié pour Israël. Sans oublier le statut de la ville de Jérusalem, convoitée par les deux parties, et qui risque d’être « judaïsée » au fil des ans. Au bout du compte, il pourrait ne plus rester qu’une infime portion de la ville, trois fois sainte, pour une éventuelle capitale palestinienne. Entre-temps, le cercle vicieux de la violence, illustrée par des attaques et attentats d’une part, et des représailles d’autre part, rendra encore plus invivable la situation humanitaire et économique des Palestiniens, déjà au bord du gouffre. Pour sauver leur cause, ils devraient donc s’employer de toute urgence à rectifier le tir. Antoine AJOURY
Et si la situation n’était pas tout à fait comme elle semble l’être… Depuis le triomphe du Hamas aux législatives du 25 janvier 2006, les mouvements islamistes à travers le monde arabo-musulman ont salué ce succès considéré comme une gifle à Israël, tandis que le Hamas lui-même attribuait sa victoire écrasante face au Fateh à sa résistance armée contre l’État hébreu. Par ailleurs, les Israéliens ont vu dans l’arrivée au pouvoir du mouvement radical comme un danger pour leur sécurité, alors que les pays occidentaux craignent la fin des négociations de paix et ce d’autant plus que l’organisation islamiste prône la destruction totale de l’entité sioniste.
Un scénario qui a des airs de déjà-vu. L’OLP, créée en 1964, dont le Fateh est l’une des composantes, avait en effet également pour but...