À près de trois semaines du 14 mars, date butoir fixée par les trois pôles de la majorité actuelle, Saad Hariri, Walid Joumblatt et Samir Geagea, pour obtenir le départ du chef de l’État, le palais présidentiel bruisse de rumeurs de toutes sortes. Mais ses occupants continuent d’afficher une grande sérénité. Et rien dans leur attitude visible ne montre qu’ils sont sur le point de faire leurs valises et de quitter les lieux, selon les visiteurs du président.
Mais la nouveauté, c’est, toujours selon les mêmes visiteurs, qu’il parle désormais de deux cas de figure dans lesquels il serait prêt à quitter Baabda avant la fin de son mandat officiel le 26 novembre 2007.
Selon ces visiteurs, le président Émile Lahoud aurait confié qu’il accepterait de partir avant terme si les différentes parties libanaises s’entendaient sur le général Michel Aoun pour prendre sa succession. Il ne s’agit nullement, affirment les visiteurs, d’un nouveau défi adressé aux forces de la majorité, mais d’une conviction profonde basée sur le fait que, selon Lahoud, la logique du vainqueur et du vaincu ne peut qu’aboutir au chaos, alors que la personnalité du général Aoun ainsi que ses relations avec les différentes parties libanaises lui permettent de jouer un rôle rassembleur. Le général Aoun bénéficie, selon les visiteurs de Lahoud, de l’appui du Hezbollah, tout en jouissant d’une grande représentativité chez les chrétiens, et les forces du 14 Mars ne le considèrent pas comme un ennemi, puisque les grands pôles ont réaffirmé récemment qu’il était un des piliers de ce qu’on a appelé « la révolution du Cèdre ».
Législatives anticipées
Les visiteurs de Baabda affirment aussi que le chef de l’État serait prêt à quitter le présidence dans un autre cas de figure : celui qui prévoit des élections législatives anticipées, sur base d’une nouvelle loi électorale, plus juste et plus équitable que celle de l’an 2000, qui a montré ses limites au cours des dernières élections. À l’issue de ces nouvelles élections, le Liban serait alors doté d’un nouveau Parlement réellement représentatif, et la nouvelle majorité, quelle qu’elle soit, pourrait alors élire un nouveau président selon le mécanisme constitutionnel normal. Dans ce cas, le président Lahoud serait prêt à présenter lui-même sa démission et à laisser les rênes de l’État au successeur que lui aura choisi le nouveau Parlement. Au passage, les visiteurs précisent que Lahoud critique la loi électorale de 2000, adoptée à la demande de l’ancien chef des SR syriens au Liban, Ghazi Kanaan, et qui a permis en 2005 l’élection de députés peu représentatifs dans certaines régions.
Toujours selon ses visiteurs, hormis ces deux cas de figure, Lahoud ne serait pas prêt à présenter sa démission ou à quitter de son plein gré le palais de Baabda. Ses visiteurs affirment que le président aurait déclaré que si aucun de ces scénarios n’était adopté, il ne serait pas question pour lui de quitter le palais de Baabda avant l’expiration de son actuel mandat. À moins qu’on ne le tue auparavant. Si, affirment les visiteurs, il est convaincu que sa vie pourrait être plus simple s’il s’en allait au plus tôt, il ne serait quand même pas question d’agir de la sorte, d’abord par principe, car il n’a jamais cédé aux pressions, ensuite parce qu’il est convaincu que l’équation actuelle n’augure rien de bon pour l’avenir, et que la logique du vainqueur et du vaincu ne peut qu’entraîner des catastrophes. Alors que dans un pays aussi complexe que le Liban, seules l’unité nationale et l’entente mènent au sauvetage.
Les visiteurs du palais présidentiel s’empressent de préciser qu’il ne s’agit pas là de conditions posées par Lahoud pour présenter sa démission, car il ne considère pas une question aussi cruciale comme un marchandage. Il s’agirait simplement de situations inspirées de sa propre vision du Liban.
Scarlett HADDAD
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Mais la nouveauté, c’est, toujours selon les mêmes visiteurs, qu’il parle désormais de deux cas de figure dans lesquels il serait prêt à quitter Baabda avant la fin de son mandat officiel le 26 novembre 2007.
Selon ces visiteurs, le président Émile Lahoud aurait confié qu’il accepterait de partir avant terme si les différentes parties libanaises...