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Pour les éleveurs nigériens, la maladie est un complot de l’Occident

Pour Almou Abdou, alias « Ben Laden », vendeur de volailles au marché de Maradi (sud-est du Niger), il n’y a aucun doute : « C’est juste un complot des Occidentaux visant à décimer nos poulets, afin qu’ils puissent inonder nos pays pauvres de leur poulet de chair. » Comme lui, de nombreux petits éleveurs de volailles de la capitale économique du Niger sont persuadés que l’épidémie de grippe aviaire qui sévit au Nigeria voisin, dont la frontière est à une cinquantaine de kilomètres seulement, n’est que le résultat d’un « complot » de l’Occident. La théorie d’une machination ourdie par l’Occident est vite relayée dans cette région fortement islamisée, dont l’écrasante majorité de la population est analphabète. « Vache folle, aliments transgéniques, poulets congelés et maintenant poulets grippés ! Les Blancs inventent toujours quelque chose pour troubler la quiétude de la planète », tempête Idi Gojé, un autre éleveur. Malam Daouda, dirigeant d’une association de vendeurs de poulets, minimise l’épidémie de grippe aviaire : « Ce n’est autre que de la pseudo-peste aviaire, une maladie connue depuis des siècles. » « Asphyxie, raideur du cou, mort subite : les symptômes de la pseudo-peste aviaire sont identiques à ceux du virus aviaire qu’on a décrits », relève-t-il. Les autorités, qui cherchent à contenir toute propagation de l’épizootie, ont fort à faire pour mener à bien leur campagne de sensibilisation face à de telles certitudes. « Tous ces gens agissent par ignorance en ne pensant qu’à leurs intérêts », estime Garba Souley, inspecteur des services sanitaires. Le gouvernement nigérien a promis des dédommagements de 1 000 FCFA (1,5 euro) par poulet en cas d’abattage massif de volailles atteintes du virus. « C’est un effet d’annonce, celui qui voudra abattre ma volaille devra d’abord passer par-dessus mon cadavre », prévient Almou Abdou.
Pour Almou Abdou, alias « Ben Laden », vendeur de volailles au marché de Maradi (sud-est du Niger), il n’y a aucun doute : « C’est juste un complot des Occidentaux visant à décimer nos poulets, afin qu’ils puissent inonder nos pays pauvres de leur poulet de chair. » Comme lui, de nombreux petits éleveurs de volailles de la capitale économique du Niger sont persuadés que l’épidémie de grippe aviaire qui sévit au Nigeria voisin, dont la frontière est à une cinquantaine de kilomètres seulement, n’est que le résultat d’un « complot » de l’Occident. La théorie d’une machination ourdie par l’Occident est vite relayée dans cette région fortement islamisée, dont l’écrasante majorité de la population est analphabète. « Vache folle, aliments transgéniques, poulets congelés et maintenant poulets...