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Actualités - Opinion

Comble de l’inconscience : le dialogue lui-même s’affirme comme une pomme de discorde !

On se dispute même sur ce processus que tout le monde réclame : le dialogue. Et le pire, c’est qu’on se déchire, pour commencer, sur la forme. Alors qu’en serait-il sur le fond, si jamais on parvenait à l’aborder ? Les forces du 14 mars réclament que le dialogue se déroule au sein du Parlement. Les forces du 8 mars veulent qu’il soit à la fois restreint et élargi. C’est-à-dire qu’il impliquerait uniquement des pôles de premier plan, mais pas nécessairement présents, ou représentés, à la Chambre. Comme les présidents Amine Gemayel, Omar Karamé, Sélim Hoss, ainsi que Hassan Nasrallah, Samir Geagea, Sleimane Frangié ou Talal Arslane. L’argument est que de la sorte on gagnerait du temps, les négociations se faisant alors directement entre décideurs et non par délégués interposés. Mais en face, on fait valoir que selon toute probabilité, des poids lourds comme Nasrallah, Joumblatt, Aoun, Hariri et Geagea risqueraient pour des raisons de sécurité de ne pouvoir participer aux réunions. On ajoute de plus qu’en ouvrant la liste, et comme on ne peut quand même pas faire participer des milliers de petits chefs, on se heurterait à des difficultés de sélection et à des réactions négatives de la part des frustrés. Pour ce camp, la plupart des forces vives du pays sont représentées à la Chambre et peuvent, de plus, se concerter avec leurs alliés du dehors, s’ils tiennent à ce que l’avis de ces derniers soit pris en compte. Autrement dit, tout le monde finalement se retrouverait partie prenante au dialogue. Ce dernier devrait porter sur les sujets proposés par le président Nabih Berry. L’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri ; les relations avec la Syrie ; la 1559. Chacun de ces thèmes est porteur de conflit aigu. Pour l’assassinat, par exemple, certaines forces du 8 mars, tout en affirmant vouloir la vérité, contribuent manifestement au plan qui consiste à en entraver la découverte. Sans parler des machinations sur le terrain, déjà elles mettent ouvertement en doute les travaux et l’impartialité de la commission d’enquête internationale. Un cadre parlementaire avait même soutenu, il y a quelques semaines, que la commission était manipulée par le Mossad israélien ! Cette partie appuie la Syrie et refuse qu’elle soit mise en cause. De même les relations avec ce voisin donnent lieu à une vive polémique. Il y a ceux pour qui il faut normaliser rapidement, en mettant un terme aux campagnes médiatiques. Et ceux qui soulignent que la Syrie mène une véritable guerre d’usure contre le Liban pour en reprendre le contrôle, mettant l’accent sur la série d’assassinats et d’attentats, sans compter les déclarations insultantes. Pour cette partie, il faut d’abord connaître la vérité. En gardant en tout cas en vue la nécessité d’assainir les rapports, par l’échange d’ambassades, le tracé des frontières et le respect effectif de la souveraineté libanaise. Le problème le plus pointu reste cependant celui de la 1559. Le Liban a certes obtenu un moratoire international, récemment confirmé du côté américain par David Welsh. Mais le but final reste le désarmement du Hezbollah et des Palestiniens, suivant la formule « sans douleur » que les Libanais sont autorisés à établir à travers un dialogue intérieur d’une part et à travers un dialogue ave les Palestiniens d’autre part. Or, au stade actuel, les positions restent inconciliables. Un Joumblatt traite le Hezbollah de milice. Et un Nasrallah proclame que toute main se tendant vers l’armement du Hezb sera coupée. Enfin, il y a la question de la présidence de la République. Les uns veulent le départ d’Émile Lahoud, les autres son maintien, ou alors des législatives anticipées, pour changer l’actuelle majorité. Émile KHOURY
On se dispute même sur ce processus que tout le monde réclame : le dialogue. Et le pire, c’est qu’on se déchire, pour commencer, sur la forme. Alors qu’en serait-il sur le fond, si jamais on parvenait à l’aborder ?
Les forces du 14 mars réclament que le dialogue se déroule au sein du Parlement. Les forces du 8 mars veulent qu’il soit à la fois restreint et élargi. C’est-à-dire qu’il impliquerait uniquement des pôles de premier plan, mais pas nécessairement présents, ou représentés, à la Chambre. Comme les présidents Amine Gemayel, Omar Karamé, Sélim Hoss, ainsi que Hassan Nasrallah, Samir Geagea, Sleimane Frangié ou Talal Arslane. L’argument est que de la sorte on gagnerait du temps, les négociations se faisant alors directement entre décideurs et non par délégués interposés.
Mais en face, on...