La recrudescence de violence dans le monde musulman, après la publication des caricatures du prophète Mohammad dans la presse européenne, a suscité hier diverses réactions en Occident.
L’Administration Bush, à la recherche d’une position équilibrée et elle aussi embarrassée par la controverse qui enflamme une partie du monde musulman, a dit comprendre la colère des musulmans, mais souhaiter aussi une condamnation de leur part des « discours de haine » antichrétiens et antisémites.
Les représentants des 25 États membres de l’UE, réunis à Bruxelles, ont souhaité un retour « au calme et au dialogue », mais n’ont pas décidé de mesures concrètes pour la protection des missions diplomatiques ou des ressortissants européens dans les pays arabes et musulmans. La présidence autrichienne de l’UE a, par contre, indiqué à Vienne avoir demandé à la Syrie, au Liban et à l’Autorité palestinienne de protéger les ressortissants communautaires après des attaques et des menaces.
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé les musulmans en colère à « pardonner » et à s’abstenir de tout recours à la violence. « J’appelle les musulmans à agir avec calme et dignité (…) », a lancé M. Annan. Il a réitéré son appel aux musulmans à « accepter les excuses formulées » par le journal danois, qui a, le premier, publié les caricatures incriminées.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a répété que la violence « ne peut être un moyen de régler un différend ». De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que Berlin veut utiliser ses contacts dans le monde arabe pour désamorcer les violences suscitées au Proche-Orient et éviter une « guerre des cultures ».
À Paris, le président français Jacques Chirac a exprimé sa « solidarité » avec le Danemark et a encouragé « tous les gestes qui peuvent contribuer à l’apaisement ». Il a exprimé sa « condamnation de tous les actes de violence dirigés contre les Danois et des représentations (diplomatiques) étrangères (…) ». M. Chirac « a souhaité que toute la lumière soit faite sur ces violences » et a rappelé que, « conformément au droit international, les gouvernements sont responsables de la sécurité des personnes et des biens étrangers ».
À Londres, le porte-parole du Premier ministre Tony Blair a déclaré que rien ne peut justifier la violence contre des ambassades et nous sommes pleinement solidaires des pays visés. Il a clairement blâmé la Syrie, soulignant qu’elle avait « pour obligation de protéger les ambassades sur son sol, en vertu de la convention de Vienne ».
Par ailleurs, un responsable au Vatican du dialogue interreligieux, l’archevêque britannique Michael Fitzgerald, a invité les chrétiens et les musulmans à « calmer les esprits ». Mgr Fitzgerald a également souhaité que la crise soit « l’occasion d’une réflexion sérieuse sur le respect dû aux valeurs religieuses dans toutes les sociétés ». « L’exercice de la liberté d’expression doit être utilisé avec responsabilité », et « cela a manqué » dans cette affaire, a-t-il estimé.
De même, la Russie a appelé au calme et à la tolérance. Enfin, la Ligue arabe a appelé à « la retenue ». « La Ligue arabe exprime son inquiétude à la suite des actes de violence qui ont eu lieu dans la région (...) et qui ont mené à l’incendie des ambassades du Danemark et de Norvège dans certaines capitales », indique un communiqué de l’organisation panarabe. « La retenue est nécessaire, malgré l’atteinte grave portée aux musulmans et aux Arabes », ajoute le texte, estimant que « le dialogue doit remplacer la violence ».
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L’Administration Bush, à la recherche d’une position équilibrée et elle aussi embarrassée par la controverse qui enflamme une partie du monde musulman, a dit comprendre la colère des musulmans, mais souhaiter aussi une condamnation de leur part des « discours de haine » antichrétiens et antisémites.
Les représentants des 25 États membres de l’UE, réunis à Bruxelles, ont souhaité un retour « au calme et au dialogue », mais n’ont pas décidé de mesures concrètes pour la protection des missions diplomatiques ou des ressortissants européens dans les pays arabes et musulmans. La présidence autrichienne de l’UE a, par contre,...