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L’étrange consécration d’Amélie Mauresmo

La consécration d’Amélie Mauresmo, si souvent retardée, a enfin eu lieu la veille à l’Open d’Australie, où la Française a remporté à 26 ans son premier titre du grand chelem, dans des circonstances un peu étranges. Sa rivale en finale, la Belge Justine Henin-Hardenne, a été contrainte à l’abandon dans le deuxième set, souffrant de maux d’estomac. Le score était alors de 6-1, 2-0 pour la Française et l’issue de la rencontre ne faisait plus guère de doute tant la domination de Mauresmo avait été écrasante. La n° 1 tricolore avait donné dès le début du match une extraordinaire impression de puissance. Bien campée derrière sa ligne de fond de court, elle avait constamment repoussé Henin-Hardenne grâce à ses grandes frappes extrêmement liftées. La Belge, quatre fois titrée en grand chelem, dont une en Australie, avait été incapable de prendre l’initiative. Les coups semblaient ne pas sortir de sa raquette. Quelle a été la part des ennuis physiques d’Henin-Hardenne dans la suprématie de son adversaire ? La question restera à jamais en suspens et les deux joueuses ont évidemment proposé deux analyses différentes. « Je n’ai rien senti de particulier. Je me concentrais sur ce que j’avais à faire. C’est dur pour Justine, mais j’ai joué du grand tennis aujourd’hui », a estimé la Française. « Elle avait beaucoup de temps car il n’y avait rien dans ma balle et j’étais très loin derrière la ligne. Dans ces conditions, c’est difficile de faire des fautes, mais c’est vrai qu’elle a été très solide. Elle a fait parfaitement son travail », a déclaré la Belge, extrêmement abattue après sa défaite. Justine Henin-Hardenne a expliqué s’être réveillée en pleine nuit avec « un mal d’estomac à pleurer. J’ai su à ce moment-là que ça allait être difficile. Ça s’est confirmé dès le début du match », a raconté la Liégeoise, qui n’a pu retenir ses pleurs. Trois abandons Mauresmo aussi a versé sa petite larme, de joie, en regagnant sa chaise. Pas question pour la championne de se laisser gâcher sa joie après une aussi longue attente. « La manière au bout du compte m’importe peu. Je savoure pleinement cette victoire », a déclaré la joueuse. « Et il y a une raison à tous les abandons », a-t-elle ajouté pour souligner la qualité de sa préparation. Il est vrai que la Française ne peut pas se plaindre du mauvais sort. Déjà au troisième tour, la Néerlandaise Michaella Krajicek avait abandonné, épuisée par la chaleur torride qui régnait sur Melbourne. Pour la demi-finale, le toit de la Rod Laver Arena avait été fermé, comme d’ailleurs en finale, mais cette fois en raison de la pluie. Au troisième set de ce match à haut risque, la future n° 1 mondiale, l’autre Belge Kim Clijsters, s’était fait une entorse à une cheville et avait également jeté l’éponge. « C’est un peu à moi d’être chanceuse », avait alors lancé Amélie Mauresmo, qui a aussi connu son lot de pépins physiques en Australie, notamment un abandon avant les quarts de finale en 2004. Cette année aussi, la Française, n° 3 mondiale, est passée à deux doigts de la catastrophe lorsqu’elle s’est réveillée avec un terrible torticolis au matin de son huitième de finale. Heureusement, son adversaire, la Tchèque Nicole Vaidisova, a eu la bonne idée de lui donner le match en mettant toutes les balles dehors. Célébration avec une Yquem 1937 Cette victoire est un immense soulagement pour Amélie Mauresmo. Il y a dix ans en effet, depuis le début de sa carrière professionnelle, qu’elle courait après son premier titre majeur, plus particulièrement depuis 1999 et sa première finale en grand chelem, perdue contre la Suissesse Martina Hingis. Les contretemps et les déceptions s’accumulant, ses plus fidèles supporteurs avaient presque fini par se résoudre à ne jamais la voir s’imposer au plus haut niveau. Elle était, disait-on, trop fragile mentalement. Avant Melbourne, Mauresmo était la seule parmi les stars du circuit féminin à n’avoir pas encore gagné en grand chelem. Outre les sœurs Serena et Venus Williams, Henin-Hardenne et Clijsters, des joueuses à l’évidence moins fortes qu’elle, comme les Russes Anastasia Myskina et Svetlana Kuznetsova, l’avaient devancée. La championne de l’Open d’Australie hésite encore à ouvrir la grande bouteille – un Château d’Yquem 1937 – qu’elle se réservait depuis des années pour sa première victoire en grand chelem. Sauternes ou pas, la fête promet d’être grandiose à son retour en France, et notamment au tournoi en salle de Paris, où le public devrait lui faire un triomphe à partir du 6 février. « C’est souvent de la folie à Coubertin, mais là ça devrait être un cran au-dessus », a-t-elle annoncé.
La consécration d’Amélie Mauresmo, si souvent retardée, a enfin eu lieu la veille à l’Open d’Australie, où la Française a remporté à 26 ans son premier titre du grand chelem, dans des circonstances un peu étranges.
Sa rivale en finale, la Belge Justine Henin-Hardenne, a été contrainte à l’abandon dans le deuxième set, souffrant de maux d’estomac. Le score était alors de 6-1, 2-0 pour la Française et l’issue de la rencontre ne faisait plus guère de doute tant la domination de Mauresmo avait été écrasante.
La n° 1 tricolore avait donné dès le début du match une extraordinaire impression de puissance. Bien campée derrière sa ligne de fond de court, elle avait constamment repoussé Henin-Hardenne grâce à ses grandes frappes extrêmement liftées.
La Belge, quatre fois titrée en grand chelem, dont...