À moins d’un accord difficile, mais peut-être sage, sur un candidat de compromis, le pourvoi au siège maronite rendu vacant par le décès du doyen de la Chambre, Edmond Naïm, devrait se transformer en un face-à-face entre Samir Geagea et Walid Joumblatt, d’une part, Michel Aoun et Hassan Nasrallah, d’autre part, estiment les observateurs politiques.
Mais pour l’instant, les positions affichées rendent improbable un accord sur une personnalité « indépendante ». Le fait est que le chef des Forces libanaises et celui du Courant patriotique libre considèrent chacun que le siège devrait revenir à sa formation. Les Forces libanaises soutiennent que c’est un candidat de cette mouvance qui doit remplacer Edmond Naïm, élu sur la liste FL. Elles sont appuyées, dans cette conviction, par leurs alliés du Courant du futur et du Rassemblement démocratique, soit le mouvement du 14 mars.
De son côté, le général Michel Aoun estime qu’avec le démantèlement des alliances passées, en particulier celle du PSP et du Hezbollah, les candidats du CPL ont de meilleures chances d’être élus, d’autant que le Conseil constitutionnel aurait pu invalider certains résultats des législatives de 2005, si on ne l’avait paralysé. Pour le CPL, la partielle se présenterait un peu comme un scrutin de réparation, sinon comme une douce vengeance.
Mais la volonté de parvenir à un compromis se heurte à plusieurs obstacles. D’abord, aucun parmi les candidats déclarés n’est vraiment à égale distance des deux pôles forts maronites. Le général Aoun a avancé les noms de trois candidats qu’il juge « rassembleurs » : Pierre Daccache, Hikmat Dib et Chakib Cortbawi. Mais cette qualité pourrait être tout aussi bien revendiquée aussi par un Salah Honein ou une May Chidiac.
Ensuite, si Samir Geagea devait pour ainsi dire « sacrifier » ce siège pour une candidature indépendante, il devrait obtenir en contrepartie, du général Aoun, le droit de nommer lui-même ce candidat, qui ne rejoindrait après son élection aucun des deux blocs parlementaires.
Or une abnégation de cet ordre paraît difficilement concevable de la part de l’une et de l’autre des deux personnalités maronites concernées, à moins d’un forcing extraordinaire auquel participeraient des instances maronites influentes, et moyennant un minimum de garanties que les constantes du 14 mars ne seront pas bradées.
Par ailleurs, pour en arriver là, Samir Geagea et le général Aoun devraient renoncer à des pointages électoraux subtils qu’ils considèrent à leur avantage. Ainsi, le général Aoun table pour remporter l’élection sur le revirement en sa faveur des voix du Hezbollah qui ont appuyé la liste Joumblatt, soit environ 4 000 voix. Les Forces libanaises estiment, pour leur part, que ce chiffre pourrait être compensé par des défections correspondantes au sein de l’électorat chrétien, qui fuirait un général Aoun devenu prisonnier, sinon otage, de ses alliances. Elles tablent aussi sur le fait que, contrairement à ce qui s’est produit en 2005, Samir Geagea est libre et que sa présence sur le terrain pourrait électriser ses partisans.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À moins d’un accord difficile, mais peut-être sage, sur un candidat de compromis, le pourvoi au siège maronite rendu vacant par le décès du doyen de la Chambre, Edmond Naïm, devrait se transformer en un face-à-face entre Samir Geagea et Walid Joumblatt, d’une part, Michel Aoun et Hassan Nasrallah, d’autre part, estiment les observateurs politiques.
Mais pour l’instant, les positions affichées rendent improbable un accord sur une personnalité « indépendante ». Le fait est que le chef des Forces libanaises et celui du Courant patriotique libre considèrent chacun que le siège devrait revenir à sa formation. Les Forces libanaises soutiennent que c’est un candidat de cette mouvance qui doit remplacer Edmond Naïm, élu sur la liste FL. Elles sont appuyées, dans cette conviction, par leurs alliés du Courant du...