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Actualités - Chronologie

Le barreau de Tripoli boycotte la conférence de Damas

Le Conseil de l’Ordre des avocats de Tripoli a notifié hier le secrétaire général de la Fédération corporative arabe, Ibrahim Selmali, qu’il boycotte la conférence et les travaux du bureau permanent prévus à Damas entre le 18 et le 22 du mois courant. Dans son message, le Conseil explique qu’il a été surpris du choix de Damas comme site de la rencontre. Car le colloque précédent, tenu à Sanaa, n’avait rien fixé à ce sujet. Mais les raisons de cette décision sont surtout politiques. Et le Conseil des avocats de Tripoli le dit clairement. Il affirme en effet, dans son exposé des motifs, que le regard d’amoindrissement porté au Liban (entendre par la Syrie) est « un outrage à notre dignité nationale, une atteinte à notre droit de décision. Notre solidarité avec la Syrie contre tout ciblage délibéré dont elle ferait l’objet ne va pas jusqu’à brader notre gestion de nos affaires propres par nous-mêmes. Nous défendons le droit d’ériger l’autorité susceptible de réaliser nos aspirations et de protéger nos intérêts bien compris ». Les juristes de la capitale du Nord insistent sur la découverte de la vérité dans les assassinats et les attentats. Ils réclament un tracé des frontières, commençant par Chebaa, ainsi qu’un échange de relations diplomatiques avec la Syrie, comme entrée en matière pour la normalisation relationnelle entre les deux pays. Cependant, le Conseil de l’Ordre des avocats de Tripoli recommande à la Fédération arabe de développer de bons offices pour atténuer la tension entre le Liban et la Syrie. Tension qui porte atteinte à la fraternité entre les deux peuples. Il ne manque pas d’estimer, toutefois, que la fédération s’est montrée partiale en faveur de la Syrie dans le choix de Damas comme site de son assemblée. Il ajoute à ce propos que « le Liban est un pays arabe, souverain, libre, indépendant, membre fondateur de la fédération. Il n’est pas admissible de le traiter en île isolée, une sorte de Hong Kong ou de principauté de Monaco. Il n’est pas admissible d’ignorer ce qu’il endure comme tiraillements, comme menaces, comme assassinats, comme explosions. Un sujet qui doit faire l’objet d’une résolution à part, dans le cadre du traitement des problèmes de la nation arabe. Nous refusons que l’on continue à traiter avec notre patrie comme s’il s’agissait d’un simple “dossier”, d’une carte de pression. Le Liban est en butte, depuis octobre 2004, à une campagne organisée de crimes visant non seulement ses pôles mais également sa stabilité, pour terroriser son peuple, dans l’illusion qu’il renoncerait à son indépendance ». Le message évoque ensuite la nécessité, pour tous, de respecter les résolutions de la légalité internationale, notamment dans l’affaire de l’assassinat du président Hariri. Il réclame une juridiction à caractère international. En s’indignant que le secrétariat général de la fédération ait inscrit à l’ordre du jour des débats professionnels, la condamnation virtuelle des deux rapports de la commission d’enquête, considérés par ce secrétariat comme faisant partie d’un plan américain. Le texte réaffirme les constantes démocratiques auxquelles les avocats libanais restent attachés, ainsi que la défense des causes arabes, notamment la cause palestinienne, face à Israël.
Le Conseil de l’Ordre des avocats de Tripoli a notifié hier le secrétaire général de la Fédération corporative arabe, Ibrahim Selmali, qu’il boycotte la conférence et les travaux du bureau permanent prévus à Damas entre le 18 et le 22 du mois courant.
Dans son message, le Conseil explique qu’il a été surpris du choix de Damas comme site de la rencontre. Car le colloque précédent, tenu à Sanaa, n’avait rien fixé à ce sujet.
Mais les raisons de cette décision sont surtout politiques. Et le Conseil des avocats de Tripoli le dit clairement. Il affirme en effet, dans son exposé des motifs, que le regard d’amoindrissement porté au Liban (entendre par la Syrie) est « un outrage à notre dignité nationale, une atteinte à notre droit de décision. Notre solidarité avec la Syrie contre tout ciblage délibéré...