Un examen de la crise nucléaire iranienne par le Conseil de sécurité de l’ONU a peu de chances d’aboutir à l’imposition de sanctions sévères contre Téhéran, estiment les experts du Moyen-Orient interrogés hier aux États-Unis, car l’intérêt général va toujours à une relance des négociations pour obtenir de l’Iran sa renonciation à l’arme atomique, ajoutent ces experts.
Même si les ministres des Affaires étrangères de l’UE3 ont annoncé hier qu’ils allaient demander une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour enclencher le processus onusien, qui théoriquement pourrait déboucher sur des sanctions sévères. Mais les experts américains de la région écartent cette éventualité, au moins pour le moment. Pour Ray Takeyh, un chercheur du Council on Foreign Relations, les Européens eux-mêmes sont réticents à infliger des sanctions sévères contre Téhéran. « Mais il y a d’autres choses possibles », estime-t-il en citant des mesures de rétorsion diplomatique, telle la « réduction de la taille des ambassades ou des restrictions sur les transferts de technologie ». À l’ONU, les milieux diplomatiques estiment prématuré de discuter de l’éventail des sanctions disponibles, la balle étant encore dans le camp de l’AIEA. Ils ajoutent qu’il est peu probable que le dossier iranien soit examiné par le Conseil de sécurité avant le mois prochain, lorsque les États-Unis en prendront la présidence tournante. « Les Iraniens ont d’importantes réserves pétrolières et gazières, et, sur le marché mondial, les ressources excédentaires sont très limitées », souligne Jon Alterman, expert au Centre d’études stratégiques et internationales.
« Les Iraniens font le pari que, vu les conditions actuelles du marché pétrolier, il est impossible que des sanctions graves soient envisagées », estime-t-il.
À l’appui de ces arguments, les prix du pétrole ont flambé hier sur les marchés de New York et Londres, dopés par l’éventualité d’une saisine du Conseil de sécurité. M. Alterman souligne en outre qu’il est improbable que la Russie et la Chine, qui disposent du droit de veto au Conseil de sécurité, soutiennent des sanctions sévères. « Elles ne veulent pas la guerre avec l’Iran, mais elles veulent que les Iraniens fassent baisser le niveau de tension », estime-t-il. « Les Iraniens veulent un processus de négociation pour éviter un autre genre de solutions, notamment militaires. L’Europe veut un processus de négociation parce qu’elle veut prouver que la diplomatie a de meilleurs résultats que l’invasion militaire de l’Irak par les États-Unis, et les États-Unis ne voient pas vraiment de meilleure solution », résume-t-il. Quant à une éventuelle opération militaire des Israéliens ou des Américains contre des installations iraniennes, M. Alterman n’en voit pas la probabilité « à court terme ». « Mais je peux envisager plusieurs scénarios d’ici à cinq ans où cela pourrait être une option » dit-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un examen de la crise nucléaire iranienne par le Conseil de sécurité de l’ONU a peu de chances d’aboutir à l’imposition de sanctions sévères contre Téhéran, estiment les experts du Moyen-Orient interrogés hier aux États-Unis, car l’intérêt général va toujours à une relance des négociations pour obtenir de l’Iran sa renonciation à l’arme atomique, ajoutent ces experts.
Même si les ministres des Affaires étrangères de l’UE3 ont annoncé hier qu’ils allaient demander une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour enclencher le processus onusien, qui théoriquement pourrait déboucher sur des sanctions sévères. Mais les experts américains de la région écartent cette éventualité, au moins pour le moment. Pour Ray Takeyh, un chercheur du Council on Foreign Relations, les...