Le général Michel Aoun a tenté de se tenir à égale distance entre le 8 et le 14 mars, pour jouer les traits d’union. Il refuse de faire partie d’un axe, mais propose un dialogue généralisé. Dont l’échec éventuel produirait de nouveaux rapports de force où son groupe pourrait jouer un rôle déterminant.
Les contacts avec le Futur, avec Joumblatt via Neemetellah Abi Nasr et Farid el-Khazen, avec les Forces libanaises, représentées par Georges Adwan, montrent que dans la plupart de ses positions Aoun est plus proche du 14 que du 8 mars. Il était parmi les piliers de l’indépendance, plaçant l’intérêt du Liban au-dessus de tout, refusant les compromissions aux dépens de la souveraineté. Il avait refusé la prorogation, prédisant qu’elle n’irait pas à son terme. Mais il était devenu plus proche du 8 mars quand il avait estimé qu’il faut s’accorder sur la présidence avant tout départ anticipé du titulaire, pour éviter le vide. Or cela ne s’est jamais fait. De plus, on serait dans la même situation une fois que le mandat serait près de se terminer. Que faire alors, le proroger de nouveau, jusqu’à parvenir à un accord sur la succession ?
Le général Aoun pense que l’État doit avoir l’apanage des armes. Il réclame l’éradication des îlots d’insécurité, un échange d’ambassadeurs et le tracé des frontières, notamment à Chebaa. Quoique, sur ce point, il semble proche du 8 mars pour estimer qu’en raison de tensions avec la Syrie, le sujet ne s’y prête pas. Estimant que jusqu’à la récupération de ce territoire et jusqu’à la libération des Libanais détenus en Israël, la Résistance devrait garder ses ames. Pour lui, il faut supprimer l’armement palestinien hors des camps et le réglementer à l’intérieur. Le gel éventuel de la 1559 serait moins nocif que son application forcée qui pourrait provoquer des divisions internes, voire une implosion.
Le général Aoun est d’accord avec les composantes du 14 mars sur les résidus du système policier libano-syrien, sur ses complicités actives, sur le fait que c’est ce système qui est responsable des assassinats. Et non un gouvernement libanais rendu impuissant par ses divisions. Tandis que la Syrie organise avec ses services de SR subsistants ce qui se produit au Liban. Mais Aoun rejoint le 8 mars quand il estime que la Syrie n’est plus en charge, n’est plus responsable et que la responsabilité de protection et de répression incombe désormais entièrement au pouvoir libanais. Sur ce point, on attend d’être fixé sur les obstructions des pôles encre en place et qui empêchent les changements nécessaires, notamment dans les domaines sécuritaire, policier et judiciaire. On sait ainsi que le chef de l’État refuse de signer plusieurs textes importants relatifs au Conseil supérieur de la magistrature, aux instances druzes ou à des nominations.
Le député Michel Aoun est plus proche du 14 mars quand il s’agit de l’enquête sur l’assassinat du président Rafic Hariri. Il est plutôt favorable à un tribunal à caractère international, soulignant que de tous les crimes commis au Liban, la justice locale n’en a détecté qu’un et encore, le coupable a ensuite fait l’objet d’une loi d’amnistie. Mais il est plus proche du 8 mars quand il pense qu’il ne faut pas ouvrir les anciens dossiers datant de la guerre domestique. Il est plus proche du 14 quand il impute à la Syrie la responsabilité politique ; mais il est plus proche du 8 quand il attribue la responsabilité du suivi au gouvernement local. Il refuse que l’on accuse la Syrie avant un verdict judiciaire. Il est proche du 14 en ce qui concerne le projet de présidentielle rapprochée, suivi de législatives ; et plus proche du 8 quand il n’objecte pas que les législatives aient lieu avec la présidentielle.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le général Michel Aoun a tenté de se tenir à égale distance entre le 8 et le 14 mars, pour jouer les traits d’union. Il refuse de faire partie d’un axe, mais propose un dialogue généralisé. Dont l’échec éventuel produirait de nouveaux rapports de force où son groupe pourrait jouer un rôle déterminant.
Les contacts avec le Futur, avec Joumblatt via Neemetellah Abi Nasr et Farid el-Khazen, avec les Forces libanaises, représentées par Georges Adwan, montrent que dans la plupart de ses positions Aoun est plus proche du 14 que du 8 mars. Il était parmi les piliers de l’indépendance, plaçant l’intérêt du Liban au-dessus de tout, refusant les compromissions aux dépens de la souveraineté. Il avait refusé la prorogation, prédisant qu’elle n’irait pas à son terme. Mais il était devenu plus proche du 8 mars...