Les monnaies des principaux pays de l’Europe centrale ont enregistré ces derniers jours des niveaux proches de leurs records absolus par rapport à l’euro, grâce à leurs bonnes performances économiques et une ruée des investisseurs internationaux sur leurs marchés.
« Après la période des fêtes, les investisseurs sont arrivés en masse sur les marchés des pays émergents », a déclaré Katarzyna Zajdel-Kurowska, économiste de la CitiBank Handlowy.
Jeudi, le zloty a atteint son plus haut niveau par rapport à l’euro depuis 2002. La couronne tchèque a également clos vendredi à un niveau très proche de son record. Le marché slovaque était fermé pour cause d’Épiphanie mais jeudi la couronne slovaque avait terminé tout près de ses plus hauts historiques.
Les analystes expliquent l’engouement des investisseurs par un déplacement des capitaux à court terme, qui délaissent le dollar, après que la Réserve fédérale américaine eut laissé entendre en début d’année que le cycle de hausse des taux était proche de sa fin aux États-Unis.
« Attirés par les bonnes performances de l’économie polonaise (croissance du PIB de 4,3 %, inflation 1,5 % et le déficit budgétaire de 3,2 % prévus pour 2006), les investisseurs sont très intéressés par les entreprises polonaises », estime Katarzyna Zajdel-Kurowska. « Pour acheter leurs actions, ils ont besoin de zlotys ».
Durant la seule première semaine de l’année, l’indice WIG de la Bourse de Varsovie a gagné 5,6 %. Les taux d’intérêt en Pologne sont également plus élevés que dans les pays de la zone euro et les investisseurs s’arrachent les obligations polonaises, soulignent les analystes.
Les bonnes performances de l’économie tchèque sont également déterminantes. « Il y a eu plein de bonnes surprises. Le solde du commerce extérieur s’est amélioré de quelque 2 milliards d’euros l’an dernier. Personne ne s’attendait non plus à une croissance du PIB autour de 5 % il y a un an », a déclaré Jan Vejmelek, analyste à la Komercni Banka.
Beaucoup d’analystes parient sur une poursuite de la progression de ces monnaies.
Seule, parmi les grands pays d’Europe centrale issus du communisme, la Hongrie fait figure d’exception.
« Le forint ne suit pas les devises dans la région, parce que les fondements de la devise nationale ne sont pas aussi forts », explique un analyste de la Raiffeisen Bank à Budapest.
« Le forint est moins performant, mais de l’autre côté, la devise est assez forte comme ça et une devise plus forte ne serait pas la bienvenue, car elle pourrait ralentir les exportations et ainsi la hausse du PIB », a-t-il ajouté.
C’est ce que craint également le Premier ministre polonais Kazimierz Marcinkiewicz qui s’est dit hier préoccupé par la forte hausse du zloty.
« Le zloty atteint des niveaux record. Je ne le dis pas avec le sourire, mais avec préoccupation, car un zloty fort peut freiner les exportations qui sont le principal moteur de la croissance de l’économie », a-t-il déclaré.
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