Une structure pour une dynamique nouvelle
L’ancien président de la République et chef suprême du parti Kataëb, M. Amine Gemayel, et le président du comité exécutif des Forces libanaises, le Dr Samir Geagea, se sont entendus lors de leur dernier entretien aux Cèdres d’agir pour regrouper toutes les forces actives de la composante chrétienne. Une telle plate-forme politique représente pour tous une occasion de participer à la décision nationale.
Dans le contexte actuel, il serait possible de résumer comme suit les tâches principales d’une telle structure :
1- Mobiliser de nouveau les chrétiens libanais autour des priorités du 14 mars, celle en particulier d’achever l’œuvre d’indépendance du Liban.
2- S’entendre sur un nouveau mécanisme d’application équilibré du pacte de Taëf et le proposer à un dialogue national. Ce mécanisme adopté, Taëf consoliderait son rôle de régulateur de la démocratie consensuelle libanaise.
Ibrahim K. GEMAYEL
Noël d’Achrafieh
Mesures de sécurité draconiennes, policiers place Tabaris qui vous obligent à vous arrêter au feu vert, pour redémarrer au feu rouge : l’ambiance était à l’hystérie durant la fête de Noël à Achrafieh à cause des embouteillages. Quant aux plus malins qui ont voulu emprunter le tunnel qui relie Sioufi à Mar Mitr, ils ont été piégés dans ce long vase jaune, décoré de quelques arbres verts taillés dans la pierre, mais qui n’empêchait pas de suffoquer à cause de la pollution ambiante. La cause de tout ce trafic est bien simple : tout le monde voulait arriver à ce centre commercial luxueusement aménagé au cœur de la région. Mais faute de planification, et comme les artères d’Achrafieh sont restées sinueuses, il fallait supporter et nos policiers et la sécurité privée.
Antoine SABBAGHA
Tous coupables !
Tous coupables.
Tous les Libanais ayant occupé un poste de responsabilité de 1990 au 14 février 2005 inclus.
Tous coupables.
Coupables pour le moins de ne pas avoir vu.
Coupables de ne pas avoir cherché à voir.
Coupables de ne pas avoir écouté les parents des malheureux que l’on jetait dans des fosses communes, à quelques kilomètres de chez eux.
Coupables d’avoir laissé faire.
Coupables de faiblesse envers un occupant ignoble, qui massacre, qui châtie, qui torture, qui brûle, qui humilie, qui tue, qui enterre...
Coupables d’avoir vécu, souvent dans l’opulence, sous la bénédiction du criminel syrien.
Coupables d’avoir profité des ponts en or que leur offrait injustement et de manière totalement injustifiée la « présence » syrienne au Liban.
Coupables d’avoir osé qualifier de sœur une Syrie qui se permettait sur notre sol les pires outrages.
Coupables d’avoir résisté aux larmes souvent non contenues des Libanais révoltés par l’horreur à laquelle ils assistaient impuissants.
Coupables d’avoir laissé fuir l’élite parmi les jeunes Libanais à la recherche d’une patrie qui leur épargne de tels vices.
Coupables d’avoir accepté le consensus, d’avoir continué à vivre, comme si de rien n’était.
Coupables enfin d’indifférence. Tous les Libanais le sont.
Joumana NAHAS
La terre s’est levée
Longtemps enfouie, c’est sous le feu des projecteurs qu’une réalité, capable de déchaîner tous les diables de l’enfer, est enfin mise à jour. En l’occurrence, un peuple victime des pires crimes odieux et haineux que le diable lui-même aurait hésité à commettre.
Impensable ! Ce crime est impensable, impardonnable. Voir des bourreaux à l’œuvre, qui n’ont ni Dieu, ni âme, mais de l’animosité à la place du cœur…
Des victimes, il y en a par milliers : les innocents qui ont péri sous la torture, les rescapés acheminés au-delà des frontières, les habitants avoisinants dont les oreilles ne veulent plus entendre à force d’avoir été forcés d’entendre, les familles éplorées qui ne survivent à leur drame que grâce à l’espérance.
On dit qu’avec le temps, on oublie, on guérit de tous les maux, de toutes les souffrances. Ce n’est pas le cas s’agissant de cette réalité abjecte. Afin d’honorer les morts, de leur rendre le respect dû à tout martyr pour la cause du pays, il n’est pas permis d’oublier ou de guérir. Par souci de solidarité, il est de notre devoir de nous incliner devant leur sépulture, de promettre d’entendre aujourd’hui les cris qu’ils ont poussés hier. Pour que justice soit faite. Pour qu’au royaume des morts, les âmes se reposent enfin.
Muriel MATTA
Limassol
On laisse tomber le Liban ?
Il y a bien un changement de tonalité dans le discours syrien ces derniers temps. À travers les différentes interviews et déclarations à Damas, on perçoit un certain dédain, une confiance toute nouvelle et on pourrait même déceler une exigence d’excuses. Chose d’autant plus bizarre que cela coïncide avec des élections placées sous le signe de la sécurité en Irak, des frontières irako-syriennes tout à fait calmes et un Conseil de sécurité étrangement efficace.
« On laisse tomber le Liban », titraient l’autre jour quelques grands journaux américains.
Et ils n’ont pas tort : le Liban est encore une fois la victime. Jamais deux sans trois ?
Pascale EL-KALLASSI
Lausanne, Suisse
Général, acceptez la critique
Il est malheureux de constater, après les années noires de l’occupation, qu’un député de la stature du général Michel Aoun traite ses détracteurs, devant tous les médias et sans le moindre complexe, de personnes qui ne seraient pas à la hauteur du « talon des chaussures » de ses partisans. Drôle (l’adjectif me semble bien peu explicite) de discours pour un chef de file qui se veut candidat à la magistrature suprême.
Une simple question se pose (et s’impose) : comment s’imaginer un quelconque dialogue ou échange quant au destin d’un pays lorsque ceux censés être les premiers modèles de l’ouverture condamnent une simple critique ?
Non, mon général, il n’est pas permis que vous insultiez celui qui croit que vos ambitions présidentielles sont obsessives ou dénonce des tournures de démagogie populiste. Il nous semble légitime de croire encore que ceux qui ont mené la résistance, quinze années durant, à l’occupation syrienne en plein cœur de Beyrouth malgré toutes les pressions, les menaces de mort et de liquidation, aient le droit de crier haut et fort leurs convictions dans une démocratie dont ils furent le dernier rempart jusqu’à la dernière nuit. Cette victoire – ou du moins ses premières lueurs – est celle de tout un peuple longuement blessé par le silence du monde et celle d’une jeunesse maintes fois sacrifiée sur l’autel des libertés (pour reprendre le discours du père Sélim Abou s.j. instigateur de la « résistance culturelle »). Nul n’a le droit de s’en emparer et encore moins de l’exposer au marché des compromis en quête de pouvoir.
Émile ISSA EL-KHOURY
Pour un Liban libanais
Depuis quelque temps, on entend souvent ici et là et surtout dans les discours des leaders de la majorité parlementaire actuelle... des expressions, inquiétantes à mon avis, comme « le Liban arabe » ou encore « l’arabité du Liban ». Autant de slogans qui ne correspondent pas à la réalité de la situation et qui n’ont rien à voir avec le vrai débat politique dans le pays. Ni avec l’enquête sur le lâche assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Pourquoi ce matraquage médiatique maintenant et que cache-t-il ? Pourquoi vouloir imposer une nouvelle étiquette à tout un peuple ? Le Liban libanais ne conviendrait-il pas mieux ? Moi, il me convient et je ne le changerai pour rien au monde. De toute façon, on ne change pas une histoire, une nation et tout un peuple comme cela, du jour au lendemain.
Nous ne sommes plus au Moyen Âge, même si nous faisons partie du tiers-monde.
André JABBOUR
Paris
Erreur de priorité
La demande de démission du président Émile Lahoud est, à mon avis, une erreur de priorité. Si elle devait aboutir, elle laisserait, le cas échéant, un gouvernement consensuel ou une Cinquième colonne prosyrienne. La priorité va en effet à la constitution d’un gouvernement homogène, au sein duquel les partis feraient preuve de solidarité.
Vu le manque de solidarité dont font preuve les ministres du Hezbollah et d’Amal, ce sont eux qu’il faudrait pousser à la démission, dans un premier temps, pour ensuite constituer un gouvernement fort qui serait plus libre de ses mouvements lorsque interviendra la démission de Lahoud.
François EL-BACHA
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