Les experts tablent sur la relance en 2006 de l’économie irakienne, jusqu’ici malade de l’insécurité, avec la mise en place d’un nouveau gouvernement, le lancement de réformes et d’éventuelles privatisations.
« Les Irakiens en général, les hommes d’affaires et les investisseurs étrangers en particulier attendent la stabilité et une meilleure sécurité » en 2006, a noté Thomas Delare, conseiller économique à l’ambassade américaine à Bagdad.
Tout dépendra de la mise en place rapide d’un cabinet permanent, qui ne semble pas se dessiner pour le moment en raison de la contestation des résultats des législatives et des menaces des groupes politiques mécontents de boycotter le Parlement.
« Les perspectives seront bonnes en 2006, à condition qu’on ait un gouvernement incluant les grands groupes politiques et ayant un programme économique », souligne de son côté Abbas Abou al-Timen, directeur du Baghdad Economic Forum.
Les séquelles de l’embargo international sous le régime de Saddam Hussein et la violence ont lessivé l’Irak, où le taux du chômage estimé à 28 % officiellement serait deux fois plus élevé. L’industrie locale fait face à la rude concurrence des produits importés.
En dépit de ce sombre tableau, les experts américains voient des signes de relance. Ils estiment la croissance du PIB de 3 à 4 % en 2005 et espèrent 10 % en 2006.
Selon eux, la consommation est en hausse, déjà matérialisée par le nombre croissant d’immatriculations de voitures et les succès des compagnies de téléphonie mobile.
Autre motif d’espoir, l’Irak a sécurisé vendredi un crédit stand-by de 685 millions de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI) et un accord de ses créanciers privés sur l’échange de sa dette commerciale.
L’Irak a réussi à « garantir la stabilité macroéconomique en 2005, malgré l’environnement extrêmement difficile en matière de sécurité », a souligné à cette occasion le directeur général adjoint du Fonds, Takatoshi Kato.
Le FMI a indiqué que le programme conclu avec l’Irak tablait sur une croissance de 10 % en 2006. L’inflation devrait être ramenée à 15 %, tandis que les réserves de change, qui ont atteint 8,7 milliards de dollars à la fin du mois de septembre 2005, « devraient continuer à augmenter en 2006 », selon le programme.
Mais le triplement du prix de l’essence, à l’instigation du FMI, a jeté dans la rue des milliers de manifestants dans un pays où le quart de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté.
La question de la privatisation reste sensible, notamment lorsqu’il s’agit de toucher au secteur des hydrocarbures moribond. « Le gouvernement a choisi de privatiser deux usines, mais deux ans et demi plus tard les choses n’ont pas bougé », a noté un responsable américain, disant toutefois espérer un démarrage du programme en 2006.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats