D’une discrétion absolue depuis sa tonitruante prise de contrôle de Manchester United en mai, la famille Glazer va désormais devoir faire entendre sa voix sur l’avenir du club et de son manageur, après la désastreuse élimination en Ligue des champions.
Dans leur malheur, les supporteurs de MU se nourriront d’une joie mauvaise. Eux qui s’étaient inquiétés de l’arrivée du milliardaire américain Malcolm Glazer, l’accusant de n’être intéressé que par la rentabilité financière du club, souriront peut-être à l’idée de le voir perdre de l’argent.
Pour le propriétaire du club de football américain des Tampa Bay Buccaneers en Floride, qui a placé près de 1,2 milliard d’euros dans le rachat de MU, le retour sur investissement risque d’être plus tardif que prévu. L’élimination de toute Coupe d’Europe coûtera aux Red Devils 22 millions d’euros, ceci dans l’hypothèse où ils auraient atteint la finale de la C1.
Plus prudents, les Glazer avaient seulement tablé dans leur prévisionnel sur une qualification pour les 8es de finale, toute autre chose étant considérée comme un bonus. La perte n’avoisine donc en fait que les 4 millions d’euros.
Tensions
Une bagatelle en soi. Mais qui s’ajoute à la décision fin novembre de Vodafone de renoncer en fin de saison, deux ans avant la fin du contrat, à son accord de partenariat maillot avec MU d’une valeur de 13 millions d’euros par an.
Mais si trouver un nouveau partenaire s’avérera encore plus délicat après ce résultat, le véritable enjeu financier tient à la qualification pour la prochaine C1. Actuels 2es du championnat, les Red Devils ne sont pas les plus mal placés.
Encore devront-ils surmonter cet échec, qui met fin à une année de tensions et de crises sans précédent. Il est cependant peu probable que Malcolm Glazer prenne des décisions radicales avant la fin de la saison.
« C’est un résultat décevant mais cela n’aura aucun effet sur l’engagement à long terme de la famille à Manchester United, a d’ailleurs déclaré hier un porte-parole de la famille. Nous sommes encore deuxièmes en Premier League. Que le spectacle continue. » Mais l’incapacité de MU à atteindre la phase par élimination directe pour la première fois en une décennie a évidemment accentué la pression médiatique autour d’Alex Ferguson, le manageur du club depuis 19 ans, à la crédibilité entamée comme jamais.
Impuissant
L’Écossais a esquivé, comme à son habitude, les interrogations sur son avenir. « Je ne répondrai pas à cette question, a-t-il dit. Vous avez suffisamment de choses à dire par vous-mêmes. J’ai un travail à accomplir, c’est un travail enthousiasmant et j’ai confiance en mes joueurs. » Cette soirée n’est que le dernier épisode d’un déclin amorcé depuis l’été 2003, depuis le départ de David Beckham. Ces deux dernières saisons, MU n’a remporté que la Coupe d’Angleterre (2004).
Au stade de la Luz, Ferguson, à qui l’on peut reprocher ces achats hasardeux de joueurs ces dernières années, est apparu aussi impuissant que ses joueurs.
La sortie est d’autant plus honteuse que MU a fini derrière des Villarreal, Benfica, Lille que ses joueurs d’antan auraient terrorisés. Pour Ferguson, le plus étrange est que son équipe ne lui ressemble pas.
Elle n’a pas la hargne de ses devancières. Et l’Écossais peut se demander si, pour affirmer son autorité, il a bien fait de se séparer de son capitaine Roy Keane, aux critiques finalement annonciatrices. Le 31 décembre, Ferguson fêtera ses 64 ans et la fin de sa pire année à MU. Peut-être aussi la dernière.
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Dans leur malheur, les supporteurs de MU se nourriront d’une joie mauvaise. Eux qui s’étaient inquiétés de l’arrivée du milliardaire américain Malcolm Glazer, l’accusant de n’être intéressé que par la rentabilité financière du club, souriront peut-être à l’idée de le voir perdre de l’argent.
Pour le propriétaire du club de football américain des Tampa Bay Buccaneers en Floride, qui a placé près de 1,2 milliard d’euros dans le rachat de MU, le retour sur investissement risque d’être plus tardif que prévu. L’élimination de toute Coupe...