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Le turbulent voisinage du royaume hachémite menace sa stabilité

La Jordanie, en proie à un triple attentat terroriste, lutte pour sa stabilité au cœur d’une zone de turbulence avec, à ses portes, l’Irak déchiré par la violence, la Syrie dans le collimateur des États-Unis, l’Arabie victime d’attentats, Israël et les territoires palestiniens en tension permanente. « Nous sommes situés dans un mauvais voisinage », répète d’ailleurs souvent le roi Abdallah II en référence aux tensions qui prévalent depuis des années dans les pays voisins de la Jordanie. Ce petit royaume désertique, allié traditionnel des États-Unis, a obtenu le rang de « principal allié au Proche-Orient » depuis qu’il s’est résolument rangé aux côtés des pays qui luttent contre le terrorisme international. La Jordanie ne se contente pas de mots et, selon des sources sécuritaires, ce pays a fourni une aide logistique importante dans cette lutte depuis les attaques du 11 septembre 2001 contre les États-Unis. Jouissant de services de renseignements réputés comme étant des plus compétents au Proche-Orient, la Jordanie avait jusqu’alors réussi à déjouer plusieurs tentatives d’attentats sur son sol. Mais le contrôle de ses frontières est une tâche ardue. Dès lors, de nombreux islamistes jordaniens se rendent en Irak pour se battre aux côtés du chef du réseau terroriste irakien d’el-Qaëda, le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, avivant la tension avec Bagdad. Exemple de cette situation, un attentat dans une ville irakienne à majorité chiite faisant 118 tués en février, revendiqué par Zarqaoui et commis par un kamikaze jordanien, avait provoqué des manifestations hostiles à la Jordanie. En mars, les deux pays avaient rappelé leurs ambassadeurs. Rapidement, toutefois, ils avaient calmé le jeu. Par ailleurs, un des vice-Premiers ministres irakiens Ahmed Chalabi, condamné à une lourde peine de prison par la justice jordanienne dans une affaire de fraude bancaire, ne cache pas son irritation envers la Jordanie. Il estime en effet que sa condamnation avait « une portée politique ». Avec Israël, son autre voisin, la Jordanie est liée depuis octobre 1994 par un traité de paix et par de bonnes relations sécuritaires. Mais ses relations privilégiées avec l’État hébreu ont fait du royaume hachémite un paria aux yeux de plusieurs pays arabes, notamment de son autre voisin, la Syrie, ennemi juré d’Israël. Bien qu’officiellement la Jordanie ait fait l’éloge de la coopération de la Syrie avec l’enquête de l’ONU dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, des responsables jordaniens affirment en privé que Damas doit changer d’approche et de politique pour sortir du collimateur des États-Unis. Enfin, l’Arabie saoudite, un autre voisin de la Jordanie, est devenue depuis quelques années la cible d’attentats terroristes, ce qui a poussé la Jordanie à être « encore plus vigilante sur ses frontières », a affirmé un responsable gouvernemental jordanien. « La coopération sécuritaire avec l’Arabie est bonne, mais le fait d’être voisins crée un fardeau sécuritaire pour la Jordanie », a-t-il relevé. Randa HABIB/AFP
La Jordanie, en proie à un triple attentat terroriste, lutte pour sa stabilité au cœur d’une zone de turbulence avec, à ses portes, l’Irak déchiré par la violence, la Syrie dans le collimateur des États-Unis, l’Arabie victime d’attentats, Israël et les territoires palestiniens en tension permanente. « Nous sommes situés dans un mauvais voisinage », répète d’ailleurs souvent le roi Abdallah II en référence aux tensions qui prévalent depuis des années dans les pays voisins de la Jordanie.
Ce petit royaume désertique, allié traditionnel des États-Unis, a obtenu le rang de « principal allié au Proche-Orient » depuis qu’il s’est résolument rangé aux côtés des pays qui luttent contre le terrorisme international. La Jordanie ne se contente pas de mots et, selon des sources sécuritaires, ce pays a...