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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Juste une question de politesse et de gratitude…

La Syrie. Punie exactement par là où elle a péché : le Liban. Même si, en bon soldat, Andreï Denisov qualifiait, sans sourire, d’overkilling la multiplication (toute relative, surtout à l’aune de la totale non-coopération syrienne…), des résolutions contre Damas. Sauf qu’il doit pertinemment se douter d’une chose, l’ambassadeur russe à l’ONU : son pays peut bien essayer de profiter de l’assassinat de Hariri pour bander ses biceps face à l’Administration Bush, il arrive un moment où Moscou saura qu’au-dessus de tout, ce sont ses intérêts avec Washington qui priment. Et seulement ses intérêts. Son homologue américain, l’ultra John Bolton, a été clair hier, en répétant, avant et après le huis clos au Conseil de sécurité axé sur le suivi de la 1559, que ce Conseil pourrait assez vite adopter une nouvelle (et quatrième !) résolution contre la Syrie, destinée à compléter, à réactualiser et/ou à renforcer cette fameuse et pionnière 1559 – voilà d’ailleurs pourquoi il n’a plus été question, hier, de déclaration présidentielle. Assez vite donc, mais pas trop. Puisqu’il se pourrait – pure hypothèse pour l’instant – que la communauté internationale ait l’idée de faire de cette résolution encore très virtuelle une épée de Damoclès qui se balancerait très ostensiblement au-dessus du palais des Mouhajerine si son locataire décidait de continuer à noyer le poisson et ne pas appliquer, stricto sensu, la 1636. D’ailleurs, encore faudrait-il que Damas n’oublie pas, chemin faisant, la 1559 : c’est vrai que ses soldats sont partis, que son appareil sécuritaire est dégénérescent ; sauf qu’il reste encore, planqués en civil, naturalisés par les bons soins, entre autres, d’Émile Lahoud, des dizaines et des dizaines de SR en civil. Sans compter que la Syrie n’est pas née de la dernière pluie : elle arrive, avec de gros sabots certes, à contourner cette 1559, ne serait-ce que par le biais de ce qu’elle fait passer au Liban via la passoire qui sert de frontière, ou de ces groupuscules palestiniens qu’elle manipule à souhait. Mais tout cela ne concerne pas que Damas. C’est là qu’est le problème. Bachar el-Assad vient certes de recevoir l’une des plus imposantes laundry list qu’un chef d’État ait eues à gérer, mais le Liban, bichonné, chouchouté par la communauté internationale depuis des mois, ne va pas y échapper, lui non plus, un jour ou l’autre : dans un couple on reçoit, naturellement, mais on donne aussi. Surtout. Et Fouad Siniora, à qui ne semblent pas du tout échapper les règles et les codes de cette drôle de conjugalité, a tout compris. Il répète depuis des jours et des jours la nécessité de retracer définitivement la frontière entre le Liban et la Syrie (qui inclura nécessairement Chebaa…), sans oublier celle d’établir des relations diplomatiques en bonne et due forme entre Beyrouth et Damas. Ce formidable et bienvenu martèlement, que Rafic Hariri aurait adoré faire sien, ne réussit pourtant absolument pas à cacher quelque chose de fondamental : que le Liban n’a rien fait encore pour régler l’une des clauses principales de la 1559 (et l’un des paragraphes essentiels du rapport Roed-Larsen) : le désarmement du Hezbollah ; à peine le gouvernement a-t-il commencé à effleurer, du bout des doigts et des lèvres, la question des armes palestiniennes, in et out. Comme un lapin pris dans les phares d’un immense camion, voilà un peu l’état d’esprit de la majorité au pouvoir face à la question du Hezb, et au Hezb en tant que tel : tétanisée, fascinée, glacée, totemisée. Elle est plus ou moins bonne fille, la communauté internationale, malgré les impatiences américaines ; elle est compréhensive, elle sait tout ce qu’il y a à savoir de ces fameuses spécificités libanaises, elle attend, plus ou moins patiemment, que cela arrive. Quoi ? Le dialogue (sur le désarmement). Tout le monde l’attend d’ailleurs, ce dialogue, à commencer par cette majorité au pouvoir, visiblement persuadée, comme tout le monde, qu’il n’y aura jamais de dialogue. Tout le monde sauf… ce brave Roed-Larsen : « Les commentaires de Hassan Nasrallah sont encourageants ; il va lancer le dialogue », a-t-il dit hier en plein Palais de Verre. Vœu pieu, intuition/certitude extralucide, véritable scoop ? Peu importe. Ce qui compte pour l’instant, la moindre des politesses, c’est que le Liban sache afficher sa gratitude. En remplissant sa part du contrat. Ziyad MAKHOUL

La Syrie. Punie exactement par là où elle a péché : le Liban. Même si, en bon soldat, Andreï Denisov qualifiait, sans sourire, d’overkilling la multiplication (toute relative, surtout à l’aune de la totale non-coopération syrienne…), des résolutions contre Damas. Sauf qu’il doit pertinemment se douter d’une chose, l’ambassadeur russe à l’ONU : son pays peut bien essayer de profiter de l’assassinat de Hariri pour bander ses biceps face à l’Administration Bush, il arrive un moment où Moscou saura qu’au-dessus de tout, ce sont ses intérêts avec Washington qui priment. Et seulement ses intérêts.
Son homologue américain, l’ultra John Bolton, a été clair hier, en répétant, avant et après le huis clos au Conseil de sécurité axé sur le suivi de la 1559, que ce Conseil pourrait assez vite adopter...