Une fois n’est pas coutume, et l’occasion véritablement historique qui s’offre depuis quelques mois au Liban pourrait fort bien ne pas se renouveler une seconde fois. Le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, sur la mission de Terjé Roed-Larsen concernant la 1559, ainsi que les débats d’hier au Conseil de sécurité sur l’application de cette résolution et le vote unanime, lundi, de la résolution 1636 portant sur l’attitude syrienne à l’égard de l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri ont apporté, en l’espace de quelques jours, plusieurs indices probants de l’intérêt sans précédent, et soutenu, que la communauté internationale apporte au dossier du Liban. Dressant le bilan, le 25 octobre dernier, de la mission Roed-Larsen, Kofi Annan soulignait d’ailleurs sans ambages que la situation dans le pays du Cèdre constituera l’une de ses principales priorités dans les prochains mois.
Dans un tel contexte, le Premier ministre Fouad Siniora a pu prendre, récemment, des initiatives audacieuses en profitant du formidable élan international en faveur du Liban. Il a ainsi soulevé nombre de dossiers épineux, tels que le tracé des frontières avec la Syrie, l’établissement de relations diplomatiques avec Damas ou l’affaire de l’armement palestinien. Qu’attend donc le chef du gouvernement pour faire bénéficier les prisonniers libanais détenus illégalement en Syrie de cette mobilisation onusienne ? L’expérience passée a apporté la preuve éclatante que ce dossier ne pourra être traité et clos que si une commission internationale se saisit de l’affaire. La transparence n’étant pas le point fort des dirigeants de Damas, il serait plus qu’illusoire – pour ne pas dire suspect – de miser encore sur une hypothétique coopération syrienne sur ce plan par le biais d’un comité libanais ou, pis encore, mixte.
La vie et le sort de dizaines de ressortissants libanais, quasiment « enlevés » par les troupes de Damas lorsqu’elles occupaient le Liban, et transférés manu militari dans les geôles syriennes, ne valent-ils pas la peine que le cabinet Siniora réclame l’aide de l’ONU pour régler définitivement ce contentieux ? Depuis plusieurs mois, les parents des détenus dans les prisons syriennes organisent un sit-in permanent devant le siège de la Maison des Nations unies, dans le centre-ville de Beyrouth. Dans la foulée de la révolution du Cèdre et du 14 mars, n’est-il pas grand temps que la nouvelle majorité qui contrôle l’Exécutif prête enfin l’oreille aux mères de ces Libanais ravis aux siens par l’ancien pouvoir de tutelle ?
Sous l’impulsion des différents acteurs de l’intifada de l’indépendance 2005, tous les tabous sont tombés, et le pays est passé sous l’ombrelle de l’ONU. Une ombrelle qui doit impérativement s’étendre aujourd’hui, avant demain, au dossier des détenus en Syrie.
Michel TOUMA
Une fois n’est pas coutume, et l’occasion véritablement historique qui s’offre depuis quelques mois au Liban pourrait fort bien ne pas se renouveler une seconde fois. Le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, sur la mission de Terjé Roed-Larsen concernant la 1559, ainsi que les débats d’hier au Conseil de sécurité sur l’application de cette résolution et le vote unanime, lundi, de la résolution 1636 portant sur l’attitude syrienne à l’égard de l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri ont apporté, en l’espace de quelques jours, plusieurs indices probants de l’intérêt sans précédent, et soutenu, que la communauté internationale apporte au dossier du Liban. Dressant le bilan, le 25 octobre dernier, de la mission Roed-Larsen, Kofi Annan soulignait d’ailleurs sans ambages que...
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