Fonctionnaires indélicats dénoncés par les gouvernants parce qu’ils collectaient, pour leur usage personnel, des fruits en même temps que des taxes, pommes du Liban comme « munitions » de guerre, cerises de Baalbeck envoyées au calife par pigeons voyageurs… C’était hier, c’était au XIe siècle, au XIVe siècle. Et on parlait déjà des fruits libanais, recherchés partout dans le monde arabe et non pas, comme aujourd’hui, victimes de mévente.
Nina Jidejian raconte ces pages de notre (pas si) petite histoire.
Au XIVe siècle de notre ère, les abus commis par les petits fonctionnaires, les « collecteurs de taxes », étaient nombreux.
On peut lire aujourd’hui sur le mur de la Grande Mosquée de Baalbeck le texte d’un décret daté du 18 muharram de l’année 797 de l’Hégire (1395) signé par Malik az-Zahir Barqouk et adressé au gouverneur de la ville Saif al-Din Tangizbogha :
« La nouvelle est parvenue à nos oreilles royales qu’à Baalbeck chaque année, des collecteurs de taxes malhonnêtes viennent faire la collecte de pommes libanaises disant : “ Elles sont destinées à la résidence royale, à Damas”. Nous déclarons que nous n’avons nullement besoin de tout cela et nous déplorons le préjudice qui en résulte. »
Les pommes libanaises, « haza al-tuffah al-lubnani », étaient, ainsi que les autres fruits du Liban, très appréciées. Le grand poète arabe du IXe siècle Abou Nawas a composé des vers satiriques concernant la guerre :
« Au lieu de battre du tambour pour appeler à la guerre, pinçons les cordes du oud... et nos projectiles pour les catapultes seront les pommes du Liban... »
Un jour al-Aziz, calife fatimide du Caire, faisait remarquer à son ministre Yaqub Ibn Kallis qu’il n’avait vu, ni goûté aux cerises de Baalbeck, si renommées.
Durant le XIe siècle, un service de pigeons voyageurs existait entre les villes importantes. Il advint qu’au moment précis où le calife exprimait son désir, les pigeons de Damas se trouvaient au Caire. Le ministre dépêcha immédiatement un pigeon à Damas avec des instructions précises pour que des cerises soient fixées sans délai sur tous les pigeons voyageurs disponibles avant d’être expédiés au Caire.
En moins d’un jour, le calife put goûter aux cerises libanaises tant désirées...
Fonctionnaires indélicats dénoncés par les gouvernants parce qu’ils collectaient, pour leur usage personnel, des fruits en même temps que des taxes, pommes du Liban comme « munitions » de guerre, cerises de Baalbeck envoyées au calife par pigeons voyageurs… C’était hier, c’était au XIe siècle, au XIVe siècle. Et on parlait déjà des fruits libanais, recherchés partout dans le monde arabe et non pas, comme aujourd’hui, victimes de mévente.
Nina Jidejian raconte ces pages de notre (pas si) petite histoire.
Au XIVe siècle de notre ère, les abus commis par les petits fonctionnaires, les « collecteurs de taxes », étaient nombreux.
On peut lire aujourd’hui sur le mur de la Grande Mosquée de Baalbeck le texte d’un décret daté du 18 muharram de l’année 797 de l’Hégire (1395) signé par Malik...
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