Indifférents aux tensions politiques sino-nippones, les constructeurs automobiles japonais continuent à se ruer en Chine et à y investir à tour de bras, dans l’espoir d’accroître leur présence sur un marché où la concurrence se fait de plus en plus vive.
La visite, le 17 octobre, du Premier ministre de droite Junichiro Koizumi au sanctuaire patriotique controversé du Yasukuni, haut lieu du nationalisme nippon, a entraîné de vigoureuses protestations de la part de Pékin, sur fond de crise diplomatique récurrente entre les deux géants d’Extrême-Orient. Pourtant, le même jour, Honda Motor annonçait la construction d’une nouvelle usine en Chine. Le lendemain, Toyota faisait savoir qu’il allait augmenter de 66 % sa production de moteurs dans son usine de Canton (Sud). « Le monde des affaires ne ressent aucune pression » à cause des tensions sino-nippones, a affirmé le président d’honneur de Toyota et dirigeant de la puissante organisation patronale Nippon Keidanren, Hiroshi Okuda.
« Les problèmes politiques doivent être réglés au niveau politique. Nous ne ressentons absolument aucune baisse de nos ventes, ni aucun impact négatif, quel qu’il soit », assure de son côté Katsumi Nakamura, le président de Dongfeng Motor, une joint-venture entre le japonais Nissan et le chinois Dongfeng.
Les investissements directs japonais en Chine ont atteint en 2004 le montant record de 490,9 milliards de yens (3,528 milliards d’euros), soit 38,2 % de plus qu’en 2003, selon le ministère japonais des Finances. Les constructeurs automobiles ont contribué à plus du quart de cette somme.
Tous les constructeurs nippons, sans exception, ont depuis longtemps conclu des accords de coentreprise avec des partenaires chinois. Leur production vise essentiellement le marché local. Mais en juin dernier, Honda a brisé un tabou en ouvrant dans le sud de la Chine une usine exclusivement tournée vers l’exportation, principalement vers l’Europe.
Toyota, qui a bon espoir de devenir le premier constructeur automobile du monde en 2006, a affirmé mercredi viser 10 % du marché chinois en 2010, contre 4 % actuellement, et la production de 500 000 voitures par an, soit à peu près autant qu’aux États-Unis actuellement.
Toutefois, la Chine ne constituera pas éternellement un eldorado, avertissent certains, comme le patron de Nissan Carlos Ghosn, qui estime que « les bonnes occasions du passé ne vont pas se reproduire ».
Après une année 2004 difficile pour beaucoup de constructeurs, marquée par un fort ralentissement des ventes, le marché automobile chinois a connu une certaine reprise au premier semestre 2005, avec pour les ventes de voitures seules une progression de 9,29 % à 1,23 million d’unités.
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La visite, le 17 octobre, du Premier ministre de droite Junichiro Koizumi au sanctuaire patriotique controversé du Yasukuni, haut lieu du nationalisme nippon, a entraîné de vigoureuses protestations de la part de Pékin, sur fond de crise diplomatique récurrente entre les deux géants d’Extrême-Orient. Pourtant, le même jour, Honda Motor annonçait la construction d’une nouvelle usine en Chine. Le lendemain, Toyota faisait savoir qu’il allait augmenter de 66 % sa production de moteurs dans son usine de Canton (Sud). « Le monde des affaires ne ressent aucune...