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Actualités - Analyse

Éclairage Une audition de Rice témoigne des tâtonnements américains en Irak

Plus de deux ans et demi après le début de la guerre en Irak, la diplomatie américaine est toujours embarrassée pour expliquer l’origine et l’évolution de ce conflit qui devient de plus en plus impopulaire aux États-Unis. Une intervention longue et souvent tendue de la secrétaire d’État Condoleezza Rice mercredi devant une commission du Congrès américain illustre les difficultés de la diplomatie américaine en Irak et alimente le scepticisme aussi bien des républicains que des démocrates. Alors que cette guerre pour laquelle près de 2 000 soldats ont déjà péri est de plus en plus contestée, Mme Rice a tenté de redonner confiance aux élus en les assurant que l’Amérique était engagée dans une « victoire décisive » sur l’insurrection irakienne. Elle a souligné devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, où elle était convoquée pour s’exprimer sur l’Irak pour la première fois depuis son arrivée à son poste en janvier, que le retrait des troupes américaines serait conditionné à la défaite de l’insurrection et à la capacité du gouvernement irakien à gérer lui-même son pays sans les Américains. Parlant de « casser les reins » à l’insurrection, elle a précisé : « Nous voulons (avant de retirer les militaires américains) que les forces de sécurité irakiennes puissent tenir leur territoire, que les insurgés ne puissent pas quitter une ville puis y revenir terroriser la population ». Mais elle a refusé de « spéculer » sur une éventuelle présence militaire américaine en Irak dans cinq ou dix ans et reconnu tout comme l’avait déjà fait le président américain que l’insurrection pouvait « continuer encore sur une longue période ». Elle a souligné que l’armée américaine faisait des progrès dans l’entraînement des forces de sécurité locales et rappelé que 91 bataillons de l’armée irakienne étaient actuellement en ordre de marche, mais elle a toutefois omis d’ajouter qu’un seul d’entre eux était opérationnel. Le flou de ses propos a irrité les sénateurs des deux côtés de l’échiquier politique et même ceux traditionnellement favorables au maintien des troupes américaines en Irak ont montré des signes d’impatience. Malgré ces explications et à l’issue de plus de trois heures d’audition, la responsable a dû admettre les limites des efforts américains à remodeler un pays divisé par des tensions communautaires. « J’admets, oui, que cela pourrait ne pas fonctionner. Mais chaque jour, nous devons nous lever et travailler le plus durement possible pour que cela fonctionne », a-t-elle dit. En expliquant que l’origine de la guerre était d’éradiquer l’influence néfaste de l’islam extrémiste au Moyen-Orient, laissant ainsi entendre que l’invasion n’avait pas été seulement dictée par les supposées armes de destruction massive en Irak, Mme Rice a déclenché l’ire des sénateurs. D’autant qu’elle est considérée comme un des principaux architectes du déclenchement de la guerre. La sénatrice démocrate Barbara Boxer a estimé que la chef de la diplomatie avait aidé à tromper le peuple américain. « Madame la Secrétaire, notre pays est malade au plus profond de son âme des faux espoirs. » Les Américains « veulent la vérité et ils la méritent ». Peter MACkLER (AFP)

Plus de deux ans et demi après le début de la guerre en Irak, la diplomatie américaine est toujours embarrassée pour expliquer l’origine et l’évolution de ce conflit qui devient de plus en plus impopulaire aux États-Unis.
Une intervention longue et souvent tendue de la secrétaire d’État Condoleezza Rice mercredi devant une commission du Congrès américain illustre les difficultés de la diplomatie américaine en Irak et alimente le scepticisme aussi bien des républicains que des démocrates.
Alors que cette guerre pour laquelle près de 2 000 soldats ont déjà péri est de plus en plus contestée, Mme Rice a tenté de redonner confiance aux élus en les assurant que l’Amérique était engagée dans une « victoire décisive » sur l’insurrection irakienne.
Elle a souligné devant la commission des Affaires...