L’euro s’est repris sur les marchés des changes internationaux, après être tombé pendant la matinée à son plus bas depuis trois mois face au billet vert à 1,1875 $. Les cambistes ont attribué ce changement de tendance à des prises de bénéfices sur la devise américaine à l’approche de son sommet de l’année face à l’euro, soit 1,1868 $. Ils ont remarqué que le marché a hésité à enfoncer ce seuil après que les opérateurs eurent largement anticipé les menaces inflationnistes liées à la forte hausse de 1,9 % des prix à la production aux États-Unis en septembre, suggérant une poursuite de la politique de relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed). Et d’ajouter que la nouvelle détente des prix pétroliers observée hier a aussi contribué à ce changement d’humeur vis-à-vis du dollar. Ils ont fait état à ce sujet du rapport statistique mensuel de l’Institut américain du pétrole (API) selon lequel les livraisons d’essence aux États-Unis, un indicateur-clé pour mesurer la demande du pétrole, ont connu en septembre leur plus forte baisse depuis plus de dix ans. De son côté, la monnaie unique a été soutenue par une progression plus importante que prévu de la production industrielle en zone euro au mois d’août. Celle-ci a augmenté de 0,8 % par rapport à juillet, et de 2,6 % sur un an, alors que les analystes tablaient sur une hausse de seulement 0,2 % sur un mois et de 1,2 % sur un an. Ce développement inattendu a donc mis l’accent sur une reprise convaincante du secteur manufacturier européen qui, assortie à une hausse de l’inflation, donne plus d’arguments aux partisans d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne. Les cambistes, qui s’attendent donc à des hausses de taux d’intérêt aussi bien aux États-Unis qu’en zone euro, ont donc estimé devoir prendre les gains que leur procure la récente montée excessive du dollar. Cela étant, ils ont ignoré l’annonce par le département américain du Commerce que les mises en chantier de logements aux États-Unis ont augmenté de 3,4 % en septembre contre une baisse de 1,3 % en août et ont continué à se débarrasser du billet vert. L’euro a profité de ce courant pour recouvrer une partie du terrain qu’il avait abandonné depuis le début de la semaine, se négociant finalement à New York à 1,20 $ contre 1,1960 $ la veille, en hausse de 0,33 %.
Hausse de Wall Street et rechute des Bourses européennes
La Bourse américaine, qui était partagée entre les inquiétudes sur la hausse des taux d’intérêt et les bons résultats trimestriels publiés par certaines sociétés (Intel, Yahoo !, Motorola, JP Morgan-Chase, Bank of America, Altria, etc.), a finalement renoué avec la hausse. Elle a été soutenue par la nouvelle baisse des prix pétroliers ainsi que par la publication de chiffres de mises en chantier de logements aux États-Unis meilleurs que prévu en septembre.
Au contraire, les Bourses européennes ont plongé à leurs plus bas niveaux depuis trois mois, pâtissant des inquiétudes sur l’inflation induite par la cherté du brut. De gros arbitrages ont été observés en fonction de la sensibilité de plusieurs secteurs à l’inflation, avec des forts reculs notamment pour les valeurs automobiles et bancaires. Les technologiques se sont ressenties aussi des prévisions jugées décevantes par Intel sur les ventes des microprocesseurs.
À la Bourse de Beyrouth, une chasse aux bonnes affaires sur Solidere a soutenu la tendance, les actions A et B de cette société ont bondi de 12,80 $ à 13,50 $ et de 12,78 $ à 13,30 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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