Un jeune arbitre allemand à la carrière ruinée, un Croate « expert » des paris truqués : les principaux acteurs d’un des plus grands scandales de l’histoire du football allemand se sont retrouvés au procès pour corruption qui s’est ouvert hier à Berlin, à huit mois du Mondial 2006.
Arrivé au tribunal de grande instance en taxi entouré de ses avocats, l’ex-homme en noir Robert Hoyzer, 26 ans, a été accueilli par une nuée de caméras qui l’ont suivi jusque dans la salle d’audience remplie de journalistes et de curieux.
C’est lui qui avait révélé en janvier l’existence de cette affaire de corruption baptisée « affaire Hoyzer » par la presse allemande, qui a des ramifications jusqu’en Turquie et a fait vaciller les dirigeants de la Fédération allemande de football (DFB).
Exclu à vie
Vêtu d’un costume trois pièces sombre et portant des lunettes noires, Hoyzer, l’air détendu et concentré, a écouté la lecture pendant une heure de l’acte d’accusation par l’un des deux magistrats du ministère public.
Face à l’ancien arbitre berlinois se trouvait le Croate Ante Sapina, 29 ans, au centre de toutes les manipulations, mais auquel les médias s’intéressent moins qu’à l’arbitre exclu à vie au printemps par la DFB pour avoir manipulé des matches en échange de sommes d’argent.
« Mon client s’exprimera en détails sur tous les faits pour lesquels il est poursuivi », a affirmé l’avocat du Croate, Klaus Gedat. Sapina, présenté comme un homme sympathique et serviable, est impliqué dans « tous les faits répréhensibles de cette affaire », a ajouté son conseil, soulignant qu’il n’y aurait pas de nouvelles révélations au cours de ce procès prévu jusqu’à la fin de l’année.
Il est vrai que depuis le mois de janvier, Hoyzer, qui a passé quelques semaines en détention provisoire, s’est largement exprimé sur cette affaire dans la presse et à la télévision.
Le tribunal présidé par Gerti Kramer, entourée de deux assesseurs et trois jurés, a commencé à auditionner le premier des 170 témoins qui seront appelés à la barre durant les 18 journées d’audience prévues.
D’après l’acte d’accusation, Ante Sapina a brassé plusieurs millions d’euros en proposant à des arbitres de la DFB de l’argent pour influencer le résultat de matches de championnat et de Coupe d’Allemagne, afin de gagner d’importantes sommes sur des paris.
30 000 euros le penalty
L’étudiant croate en microéconomie assistait parfois en personne aux rencontres truquées, tel le match de D2 Ahlen-Wacker Burghausen (1-0) le 22 octobre 2004, au cours duquel Hoyzer a sifflé un penalty imaginaire et encaissé 30 000 euros après la victoire d’Ahlen.
Décrit comme un « expert » des paris truqués, Ante Sapina comparaît aux côtés de ses frères Milan et Filip, jugés comme Hoyzer pour escroquerie en bande organisée. Un délit pour lequel ils risquent jusqu’à dix ans d’emprisonnement.
Un autre arbitre, Dominik Marks, et l’ancien joueur du FC Chemnitz (3e div.), Steffen Karl, étaient également assis sur les bancs des prévenus.
Vingt-trois matches disputés entre le 10 avril et le 3 décembre 2004 ont fait l’objet de manipulations, pour l’essentiel des rencontres de deuxième et troisième divisions allemandes, mais aussi le match de Coupe d’Allemagne Hambourg (D1)-Paderborn (D3) et une rencontre du championnat de Turquie (Ankaragçu-Galatasaray).
Le tribunal devra déterminer le rôle exact de chacun des six prévenus dans cette affaire qui jette une ombre sur la Coupe du monde de football 2006 en Allemagne, dont le coup d’envoi sera donné le 9 juin prochain.
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Arrivé au tribunal de grande instance en taxi entouré de ses avocats, l’ex-homme en noir Robert Hoyzer, 26 ans, a été accueilli par une nuée de caméras qui l’ont suivi jusque dans la salle d’audience remplie de journalistes et de curieux.
C’est lui qui avait révélé en janvier l’existence de cette affaire de corruption baptisée « affaire Hoyzer » par la presse allemande, qui a des ramifications jusqu’en Turquie et a fait vaciller les dirigeants de la Fédération allemande de football (DFB).
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