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Actualités - Opinion

MANAGEMENT À la recherche de l’équilibre transactionnel

Par Abdel-Maoula CHAAR * Au Liban comme dans le reste du monde, la plupart des entreprises fonctionnent en prenant pour référence les principes bureaucratiques. L’organisation est tacitement considérée comme une machine et ses membres comme les rouages de ce mécanisme. Le modèle est structuré par une volonté de spécialisation, et toute communication transversale tend à être bannie. En effet, si la place et la fonction de chacun sont définies de façon précise, pourquoi savoir ce que fait l’autre ? Tout échange impromptu entre employés peut même être considéré comme improductif, si ce n’est subversif ! L’image de « l’entreprise-machine » ne donne pas une vision complète de l’organisation. Celle-ci devrait aussi être considérée comme un « lieu de transactions ». Ce changement de représentation permet de tenir compte du facteur humain en faisant passer l’employé du statut de rouage mécanique à celui de partenaire qui fournit à l’entreprise son travail en échange d’une récompense : le salaire et tous les avantages matériels attenants. La somme de ces échanges – de ces transactions – bâtit l’équilibre de l’entreprise. Ce sont alors les transactions entre les individus et l’entreprise, et la stabilité de ces dernières, qui vont permettre la pérennité de l’organisation, et la tâche première des dirigeants est d’entretenir cet équilibre transactionnel. Mais les transactions ne peuvent perdurer que si chacun est convaincu de recevoir correctement son dû. Pour cela, il faut que les employés soient notamment persuadés que leurs supérieurs sont à même d’évaluer leur travail de façon juste et impartiale et de leur amener la récompense appropriée. Dans ce cadre, l’information et la communication horizontale bannie par les systèmes bureaucratiques jouent un rôle déterminant. En effet, comment un employé du département marketing peut-il savoir qu’il est traité avec équité s’il ne connaît pas la nature du travail d’un employé du département de maintenance ? Alors la communication interne serait-elle panacée de tous les problèmes ? Peut-être, mais à condition que chacun soit traité avec équité. Le grand défi auquel font face les entreprises est celui de la pérennité de l’organisation. Le plus souvent on cherche exclusivement à répondre à cette question en regardant et analysant l’environnement. Cette recherche de solution(s) a le grand défaut de négliger le fait que les organisations sont composées de femmes et d’hommes qui agissent, réagissent et interagissent. C’est d’ailleurs là la faille et le danger majeur d’une structure trop bureaucratique ; pour peu que les transactions entre les membres de l’entreprise et celle-ci se grippent, l’équilibre peut s’en trouver rompu. (*) Spécialiste en stratégie et théorie des organisations – Centre de recherches et d’études doctorales de l’ESA (CRED). En coopération avec l’ESA
Par Abdel-Maoula CHAAR *

Au Liban comme dans le reste du monde, la plupart des entreprises fonctionnent en prenant pour référence les principes bureaucratiques. L’organisation est tacitement considérée comme une machine et ses membres comme les rouages de ce mécanisme. Le modèle est structuré par une volonté de spécialisation, et toute communication transversale tend à être bannie. En effet, si la place et la fonction de chacun sont définies de façon précise, pourquoi savoir ce que fait l’autre ? Tout échange impromptu entre employés peut même être considéré comme improductif, si ce n’est subversif !
L’image de « l’entreprise-machine » ne donne pas une vision complète de l’organisation. Celle-ci devrait aussi être considérée comme un « lieu de transactions ». Ce changement de représentation...