Rechercher
Rechercher

Actualités

CITOYEN GROGNON Mais où est donc passée la mer ?

De retour d’une journée au Nord ou dans le Kesrouan, un dimanche après-midi, n’avez-vous jamais ressenti l’envie de rouler à droite, bien calmement, pour mieux admirer le coucher du soleil et l’horizon rougeoyant ? Essayez, cela vaut la peine. Faites aussi participer vos enfants. Écoutez surtout leurs réflexions. Au départ, le paysage vous enchante. Qu’elle soit d’huile ou en colère, d’un bleu profond ou grise, la mer vous interpelle. Le soleil encore jaune vous éblouit. Ses reflets brillent sur les vaguelettes. Il ne semble pas pressé de s’en aller traverser la ligne d’horizon. Fier de capter votre regard et celui de vos petits chérubins qui, assis à l’arrière de votre véhicule, en plissent les yeux d’éblouissement. Mais rapidement, une fois dépassée la baie de Jounieh, alors que vous vous trouvez pris dans la cohue du retour, vous vous voyez privé de ce spectacle enchanteur. Et c’est un décor on ne peut plus hideux qui s’offre à vous : votre regard trébuche d’abord sur une rangée de centres balnéaires qui se sont approprié la mer, avec en prime le coucher du soleil. Quelques mètres plus loin, vous bénéficiez d’une poignée de secondes pour admirer la mer et son soleil qui se fait rosissant. Mais de nouveau, celui-ci disparaît derrière des immeubles flambant neufs construits à la hauteur de la marina, alors que la mer est masquée par un muret baptisé gentiment promenade. Histoire de mieux vous faire avaler la couleuvre. Au gré des kilomètres, votre regard s’arrêtera sur un garage pour tracteurs, un circuit de voitures tout en pneus, des ponts, des routes, un immense Palais des Congrès, mais aussi quelques commerces, parkings ou constructions désaffectées. Le tout, dans le désordre le plus total. La mer, elle, ne fera plus que quelques furtives apparitions saluées par les cris de vos enfants, entre deux obstacles tout en laideur. Ce petit jeu d’observation prendra vite l’allure d’une course contre la montre, d’une partie de cache-cache entre vous, la mer et le soleil. Car ce beau soleil rouge sang aura vite fait de se coucher sans vous attendre. D’ailleurs, vous êtes déjà aux portes de la capitale. Vous n’avez même pas pu observer les pêcheurs tirer leur filet de l’eau. Mais que dis-je ? Les pêcheurs ont déserté cette région inhospitalière depuis belle lurette. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, ce spectacle était l’un des plus prisés le dimanche soir ! « Mais où est donc passée la mer ? » vous demanderont vos enfants. « On nous l’a volée », répondrez-vous, tout simplement. Anne-Marie EL-HAGE

De retour d’une journée au Nord ou dans le Kesrouan, un dimanche après-midi, n’avez-vous jamais ressenti l’envie de rouler à droite, bien calmement, pour mieux admirer le coucher du soleil et l’horizon rougeoyant ?
Essayez, cela vaut la peine. Faites aussi participer vos enfants. Écoutez surtout leurs réflexions.
Au départ, le paysage vous enchante. Qu’elle soit d’huile ou en colère, d’un bleu profond ou grise, la mer vous interpelle. Le soleil encore jaune vous éblouit. Ses reflets brillent sur les vaguelettes. Il ne semble pas pressé de s’en aller traverser la ligne d’horizon. Fier de capter votre regard et celui de vos petits chérubins qui, assis à l’arrière de votre véhicule, en plissent les yeux d’éblouissement.
Mais rapidement, une fois dépassée la baie de Jounieh, alors que vous vous...