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Paris accueille avec bienveillance les prochains contacts CPL-Hariri

PARIS, d’Élie MASBOUNGI Au moment où des parlementaires français intéressés par la situation au Liban estiment qu’il faut maintenant attendre « dans le calme et la sérénité » le 21 octobre prochain, date de la publication du rapport Mehlis, les contacts se poursuivent entre Paris et Washington sur l’attitude à adopter face à la Syrie, au cas où ce document retiendrait la responsabilité de Damas dans la préparation et l’exécution de l’attentat. Et ce alors même que la capitale française continue de connaître une intense activité axée sur le Liban. C’est ainsi qu’une importante réunion est prévue – probablement aujourd’hui, lundi – entre un émissaire du général Michel Aoun, le député Nabil Nicolas qui se trouve à Paris depuis vendredi dernier, et M. Saad Hariri qui vient de regagner la capitale française venant de Djeddah où il se trouvait en visite familiale. Samedi et dimanche, le député aouniste du Metn a pris contact avec des proches collaborateurs du leader du Courant du futur pour préparer cette réunion dont les conséquences, a affirmé M. Nicolas, seront déterminantes pour la suite des événements. Si toutefois, a poursuivi le député, cette réunion permettait d’entrevoir un net rapprochement entre le général Aoun et M. Hariri. En attendant la rencontre d’aujourd’hui, le député-émissaire a eu des contacts avec des parlementaires français dont M. Gérard Bapt, député socialiste et vice-président du groupe d’amitié France-Liban à l’Assemblée nationale (et président du groupe France-Syrie), qu’il rencontrera ce mercredi lors d’un déjeuner au restaurant du Palais Bourbon. Selon MM. Nicolas et Bapt, il s’agira de présenter au groupe parlementaire socialiste et au PS la nouvelle charte du Courant patriotique libre, le mouvement du général Aoun qui vient de se muer en parti politique. Le bureau du CPL à Paris (l’ancien RPL) a d’ailleurs commencé à préparer un volumineux dossier à présenter aux médias et aux milieux politiques français, dossier qui comprendra la charte ainsi que divers documents de base, dont le programme d’action du parti «aouniste», et un certain nombre de projets portant sur divers domaines et aspects de la vie libanaise locale, ainsi que les vues du CPL sur la politique étrangère du pays du Cèdre et en particulier ses relations avec Damas, Paris, l’Europe et les USA. Le double objectif de cette action de Nabil Nicolas est de présenter un tableau nouveau comprenant un portrait politique du général Aoun dans la perspective de sa candidature à la présidence de la République et une image du parti qu’il vient de fonder et qui entend établir des liens avec toutes les forces politiques françaises en commençant par les deux principales formations, à savoir le PS et l’UMP. Avec ce dernier parti justement, M. Nicolas compte établir des liens équilibrés entre ce que l’on qualifie désormais ici de « tendance Chirac » et « tendance Sarkozy ». Pour le CPL qui connaît bien les méandres et subtilités de la politique française – en raison de sa longue gestation en France du temps de l’exil du général Aoun –, ce n’est pas demain que l’on pourra acquérir la sympathie du président Jacques Chirac, davantage proche de la famille Hariri. Mais il est grand temps de montrer aux barons de l’UMP, toutes tendances confondues, « un Michel Aoun qui s’est manifesté sur le terrain depuis son retour d’exil et qui est aujourd’hui prêt à diriger le pays, avec un parti et un programme dont un des titres ne peut laisser indifférent aucun Français, à savoir la laïcité ». Pour parler des positions françaises sur l’avenir immédiat du Liban, telles que définies par le président Chirac et telles qu’elles sont transmises au Quai d’Orsay, un diplomate français aujourd’hui à la retraite (après avoir servi de nombreuses années à Washington et à New York) pense que Paris attendra le rapport Mehlis, avec la ferme intention de requérir des sanctions contre Damas si l’enquêteur international venait à montrer du doigt des hauts responsables syriens comme étant les commanditaires de l’assassinat de Rafic Hariri. En attendant, poursuit l’ancien diplomate, la diplomatie française surveillera de près tout geste américain qui irait dans le sens d’une « politisation » des résultats de l’enquête Mehlis. Autrement dit, une attitude souple de Washington à l’égard du régime syrien en contrepartie d’une sérieuse coopération de Damas pour tirer les USA du bourbier irakien.
PARIS, d’Élie MASBOUNGI

Au moment où des parlementaires français intéressés par la situation au Liban estiment qu’il faut maintenant attendre « dans le calme et la sérénité » le 21 octobre prochain, date de la publication du rapport Mehlis, les contacts se poursuivent entre Paris et Washington sur l’attitude à adopter face à la Syrie, au cas où ce document retiendrait la responsabilité de Damas dans la préparation et l’exécution de l’attentat. Et ce alors même que la capitale française continue de connaître une intense activité axée sur le Liban.
C’est ainsi qu’une importante réunion est prévue – probablement aujourd’hui, lundi – entre un émissaire du général Michel Aoun, le député Nabil Nicolas qui se trouve à Paris depuis vendredi dernier, et M. Saad Hariri qui vient de regagner la...