Samir Frangié affirme qu’il ne se « positionne pas en tant que candidat à l’élection présidentielle » et qu’il y a beaucoup « de personnes qui peuvent assumer la fonction de la présidence si le programme est bien défini ». Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une vision bien claire de l’échéance et de la fonction présidentielle. Qui a tout l’air des prémices d’un programme politique.
Pour le député, ce qui s’est passé durant ces quelques mois appartient à « une période révolue » : l’élection de la présidence de la Chambre, la formation du cabinet… « C’était une période de transition et le pays doit être fondé sur des bases tout à fait différentes. Partant, il faut repenser l’ensemble du pouvoir », dit-il.
« Le chef de l’État n’est pas aujourd’hui un personnage central. Ce qui est central, c’est que le pouvoir exécutif est aux mains du cabinet. Le président a pour tâche de servir d’arbitre suprême. Ce rôle a été mal perçu chez les chrétiens durant les quinze dernières années parce que le président n’était l’arbitre de rien. C’étaient les chefs des SR qui étaient les vrais arbitres de la situation. Nous sommes aujourd’hui en panne d’un médiateur, d’un arbitre, d’un gardien de la Constitution. C’est pourquoi il faut réinventer le rôle du président, le reconsidérer non plus en fonction des intérêts particuliers de la communauté chrétienne, mais des intérêts généraux du pays. C’est de cette manière que la garantie des intérêts chrétiens peut être assurée. L’erreur que commettent les communautés généralement est de rechercher des garanties à travers les postes institutionnels », poursuit-il.
Partant, il y a « un débat national à instaurer sur la relégitimation du pouvoiret c’est un peu dans ce cadre qu’il faut relancer l’esprit du 14 mars ». « Le pouvoir doit être légitime, et la légitimité provient du consensus. Pour donner cette légitimité de base, il ne suffit pas de dire qu’il y a Taëf, accord qui n’a pas été respecté durant toutes ces années. Il faut le redéfinir, le réexpliquer. Et c’est un travail qui doit être fait dans les semaines qui viennent. Poser la question de la présidence avant de faire ce travail est une aberration », souligne-t-il.
« Un accord doit être fait sur l’ensemble du pouvoir libanais, souligne-t-il. C’est-à-dire sur comment créer un pouvoir libanais capable de gérer la société, sa complexité, les défis auxquels nous devons faire face. La garantie chrétienne de la présidence ne nous a rien apporté en tant que chrétiens. La question n’est donc pas celle de l’appartenance communautaire de celui qui accède à la fonction. Elle réside dans un choix politique, qui n’est pas individuel. C’est un accord consensuel, qui permet de dire que le pouvoir libanais doit être refait sur la base du consensus. Sinon, le problème ne risque pas de se poser uniquement sur la présidence, mais à chaque formation de cabinet, avec un retour à une logique paralysante de partage de l’État. Il va donc falloir réfléchir aux bases d’un État civil, qui n’est plus un État communautaire, qui n’est pas non plus un État laïc. Le tout est donc de définir un État civil qui puisse donner aux citoyens tous les droits ainsi que des garanties aux communautés. Les communautés ont droit à des garanties, et les citoyens doivent avoir leurs droits sans passer par les communautés », note-t-il.
Et d’ajouter : « Le travail essentiel à faire, c’est cette refondation. Et il y a au sein de la communauté maronite beaucoup de personnes qui pourraient le faire. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Samir Frangié affirme qu’il ne se « positionne pas en tant que candidat à l’élection présidentielle » et qu’il y a beaucoup « de personnes qui peuvent assumer la fonction de la présidence si le programme est bien défini ». Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une vision bien claire de l’échéance et de la fonction présidentielle. Qui a tout l’air des prémices d’un programme politique.
Pour le député, ce qui s’est passé durant ces quelques mois appartient à « une période révolue » : l’élection de la présidence de la Chambre, la formation du cabinet… « C’était une période de transition et le pays doit être fondé sur des bases tout à fait différentes. Partant, il faut repenser l’ensemble du pouvoir », dit-il.
« Le chef de l’État n’est pas aujourd’hui un personnage central. Ce...