Comme tous les jours, ils étaient rassemblés sur une place de Bagdad, fuyant la misère du Sud, prêts à répondre à toute proposition de travail. Mais dans la capitale irakienne, c’est la mort qui les a fauchés.
Ali Kamel, 37 ans, est venu de Kout, à 175 km au sud de Bagdad, il y a trois jours, à la recherche d’un travail qu’il était incapable de trouver dans sa région, frappée de plein fouet par le chômage.
En proie à la panique devant les débris fumants de l’attentat de la place Ourouba, il prend une décision radicale. « Je fais mes bagages et je rentre immédiatement. »
« J’étais dans mon hôtel lorsque j’ai entendu une forte explosion et je me suis précipité ici, raconte ce père de famille tremblant de tous ses membres en montrant un établissement miteux à cinquante mètres de la place. J’ai vu des dizaines de corps joncher le sol et des dizaines de blessés crier de douleur. » Chaque jour, le petite place Ourouba s’anime dès les premières heures de la journée. Des grappes d’ouvriers s’y installent en attendant un éventuel entrepreneur. Ils peuvent également être embauchés par des particuliers pour toutes sortes de travaux.
Falah Abdallah est l’un d’entre eux. Il est venu de Nassiriyah, à 375 km au sud de Bagdad, avec six de ses frères, dont deux sont portés disparus. « Je ne sais pas s’ils sont morts ou s’ils ont été blessés », dit-il en regardant des secouristes ramasser des restes humains et les déposer dans des sacs en plastique. « Nous étions tous réunis sur la place quand on a été soufflé par la déflagration, et on a commencé à courir dans tous les sens comme des fous », raconte-t-il.
Satah Jihad, un commerçant de 40 ans, a été lui aussi témoin de l’attentat. « L’explosion s’est produite alors que des dizaines de personnes entouraient la voiture du kamikaze, explique-t-il. La plupart de ces ouvriers sont pauvres et viennent des provinces chiites du Sud pour trouver du travail », ajoute-t-il.
Hier, leur quête d’une vie meilleure a tourné au cauchemar.
Comme tous les jours, ils étaient rassemblés sur une place de Bagdad, fuyant la misère du Sud, prêts à répondre à toute proposition de travail. Mais dans la capitale irakienne, c’est la mort qui les a fauchés.
Ali Kamel, 37 ans, est venu de Kout, à 175 km au sud de Bagdad, il y a trois jours, à la recherche d’un travail qu’il était incapable de trouver dans sa région, frappée de plein fouet par le chômage.
En proie à la panique devant les débris fumants de l’attentat de la place Ourouba, il prend une décision radicale. « Je fais mes bagages et je rentre immédiatement. »
« J’étais dans mon hôtel lorsque j’ai entendu une forte explosion et je me suis précipité ici, raconte ce père de famille tremblant de tous ses membres en montrant un établissement miteux à cinquante mètres de la place. J’ai...
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