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Actualités - Opinion

Spéculations effrénées sur la prochaine présidence

Beaucoup vendent la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Et dans les cercles politiques, on n’entend que cette question : comment sera le prochain président ? Quelle étape représentera-t-il ? Va-t-on vers un régime prudent à la Charles Hélou, qui n’avait pas pris de position tranchante quand les Palestiniens armés s’étaient installés dans le Arkoub pour voir ensuite leur action légalisée à travers la convention du Caire, sous prétexte de défense de leur cause de libération ? Avec, pour résultat concret, l’annexion par Israël de plus larges tranches de territoires, dont le Liban-Sud. Va-t-on plutôt vers un régime semblable à celui de Sleimane Frangié, qui semblait devoir s’opposer avec succès à la déferlante palestinienne, à l’État dans l’État que l’OLP créait, mais qui, finalement, a échoué dans sa tentative, ce qui a débouché sur la guerre dite des deux ans, entre les Palestiniens soutenus par une frange locale et l’autre partie des Libanais ? Y aura-t-il un régime pareil à celui d’Élias Sarkis, dont l’avènement aurait dû marquer la fin de la guerre, ce qui n’a pas été le cas ? Il s’était efforcé alors de gérer le chaos, réussissant au moins à préserver la monnaie nationale de tout effondrement. Retrouvera-t-on un président comme René Moawad qui se proposait de faire passer le pays de l’ère des milices à la nouvelle République, mais qui a été assassiné ? Bien évidemment, ces comparaisons n’ont de valeur que par rapport aux personnes, car la période présente ne ressemble en rien à ce qui a précédé. Pendant trente ans, sous la tutelle syrienne, les présidents de la République, les chefs de gouvernements, les ministres et la plupart des députés subissaient un examen de passage, en fonction des services qu’ils pouvaient rendre aux décideurs. Et ils devaient, avant tout, s’engager à ne rien objecter, au contraire, à la présence militaire syrienne, pour répéter sans cesse ensuite que le pouvoir libanais avait toujours besoin de ces forces, considérées comme légales, nécessaires et provisoires, selon le sempiternel slogan repris dans toutes les déclarations ministérielles. Maintenant que la tutelle internationale a remplacé les Syriens, à quelle condition se trouveraient confrontés les candidats à la présidence de la République ? La réponse est évidente : s’engager à faire appliquer la 1559, la 1614 et la 1595. Mais accepter signifierait perdre l’appui des formations qui s’opposent à ces résolutions, notamment à la 1559 et à la 1614. Et refuser reviendrait à s’aliéner la communauté internationale, les USA et la France en tête. Ces puissances, très présentes sur la scène locale, semblent en mesure de faire pencher la balance dans la présidentielle. Cependant, un certain nombre de postulants réalisent que dans l’état actuel des choses leurs chances sont faibles. Ils préfèrent donc que le président Lahoud reste en place, dans l’espoir que d’ici à la fin de son mandat, la situation aurait changé en leur faveur. Dans ce sens qu’il y aurait des solutions pour le dilemme des résolutions internationales. Voire, peut-être, une paix régionale qui règlerait tout le problème. Dans le passé, certains candidats avaient eu de semblables espoirs. Ils misaient alors sur la sortie des Palestiniens, mais n’avaient pas fait le compte de l’entrée des Syriens. Le fait est qu’en cas de départ anticipé du président Lahoud, les candidats se retrouveraient pris entre l’enclume de ceux qui réclament la légalité, dont le désarmement, et le marteau de ceux qui soutiennent l’arsenal de la Résistance. Il semble plausible que les deux ans qui restent au président Lahoud soient suffisants pour régler la question de la 1559 et, sans doute, pour juger l’affaire de l’assassinat du président Hariri en base de l’acte d’accusation de la commission Mehlis et du juge d’instruction libanais, Élias Eid. Émile KHOURY

Beaucoup vendent la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Et dans les cercles politiques, on n’entend que cette question : comment sera le prochain président ? Quelle étape représentera-t-il ? Va-t-on vers un régime prudent à la Charles Hélou, qui n’avait pas pris de position tranchante quand les Palestiniens armés s’étaient installés dans le Arkoub pour voir ensuite leur action légalisée à travers la convention du Caire, sous prétexte de défense de leur cause de libération ? Avec, pour résultat concret, l’annexion par Israël de plus larges tranches de territoires, dont le Liban-Sud.
Va-t-on plutôt vers un régime semblable à celui de Sleimane Frangié, qui semblait devoir s’opposer avec succès à la déferlante palestinienne, à l’État dans l’État que l’OLP créait, mais qui, finalement, a...