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El-Qaëda : un état d’esprit, plus qu’un réseau structuré

Quatre ans de traque internationale depuis les attentats du 11 septembre ont porté de rudes coups à el-Qaëda. Mais sa force réside désormais dans ce qu’elle n’a plus besoin d’être un réseau constitué pour présenter un danger mortel, estiment des experts. Les attentats de Londres du 7 juillet l’ont montré : inspirés avant tout par des griefs politiques, des apprentis terroristes reprennent à leur compte les revendications du réseau terroriste et passent à l’action kamikaze. Arrêté à Rome, Hamdi Issac, qui a participé aux tentatives ratées d’attentat du 21 juillet dans le métro de Londres, a confié aux enquêteurs : « Nous n’avons jamais eu de contact avec l’organisation de Ben Laden. Nous savions qu’elle existait, parce que nous consultions ses programmes via Internet. Mais rien de direct. » Même s’il persiste, selon les services secrets internationaux, un noyau dur de terroristes expérimentés, engagés depuis des années dans le jihad international et qui restent redoutables même s’ils sont pourchassés, le danger vient surtout de la force d’inspiration que représente el-Qaëda. « C’est maintenant davantage un état d’esprit, une idéologie qu’une entité physique », assure Magnus Ranstorp, directeur du centre d’études du terrorisme de l’Université de Saint Andrews en Écosse. « Un fantôme : il apparaît partout, et pourtant il n’est nulle part. Une amibe : elle prend des formes de vie multiples, qui se cristallise puis disparaît rapidement. C’est une inspiration, qui persistera longtemps après Ben Laden. Des décennies », estime-t-il. Jeremy Binnie, analyste au Terrorism and Insurgency Center du magazine britannique spécialisé Jane’s, est persuadé que, « pour faire partie d’el-Qaëda, tout ce que vous avez à faire est d’agir. Commettre un acte violent ». « Vous n’avez plus besoin d’avoir le moindre contact avec Ben Laden ou l’un de ses lieutenants. Des attentats majeurs sont de plus en plus commis par des gars de la base qui n’ont pas le genre de connexions que nous pouvions trouver dans la génération précédente de ce qui était décrit comme el-Qaëda (...). Et c’est assez inquiétant quand vous pensez au nombre de gars comme ça qu’il y a dans la nature. » Traqué, n’utilisant plus aucun moyen moderne de communication qui le trahirait, Oussama Ben Laden, dont tous les experts estiment qu’il se trouve dans la région frontalière entre Pakistan et Afghanistan, n’a certainement plus de capacité opérationnelle significative, mais il n’en a plus vraiment besoin. « Il constitue toujours une menace mortelle, car il a le terrifiant pouvoir d’inspirer à sa guise des mots et des idées », estime Brian Jenkins, du groupe de réflexion américain Rand Corporation. Pour le criminologue français Xavier Raufer, coauteur du récent ouvrage L’énigme el-Qaëda, le plus grave est que le monde occidental ne tire pas les enseignements de ses erreurs. « La base de la stratégie, c’est “connais ton ennemi”. Tant qu’on aura pas compris que les griefs des terroristes sont avant tout politiques, et qu’il faut considérer la question sous l’angle politique, nous n’aurons aucune chance. »
Quatre ans de traque internationale depuis les attentats du 11 septembre ont porté de rudes coups à el-Qaëda. Mais sa force réside désormais dans ce qu’elle n’a plus besoin d’être un réseau constitué pour présenter un danger mortel, estiment des experts. Les attentats de Londres du 7 juillet l’ont montré : inspirés avant tout par des griefs politiques, des apprentis terroristes reprennent à leur compte les revendications du réseau terroriste et passent à l’action kamikaze. Arrêté à Rome, Hamdi Issac, qui a participé aux tentatives ratées d’attentat du 21 juillet dans le métro de Londres, a confié aux enquêteurs : « Nous n’avons jamais eu de contact avec l’organisation de Ben Laden. Nous savions qu’elle existait, parce que nous consultions ses programmes via Internet. Mais rien de direct. »
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