L’euro s’est retrouvé sur la défensive hier face au billet vert sur les marchés des changes internationaux, repassant passagèrement sous le seuil de 1,24 $ pour la première fois depuis le début du mois, alors que les investisseurs se rassuraient sur l’orientation des taux d’intérêt aux États-Unis. La toile de fond de ce mouvement c’est le recul des pronostics les plus pessimistes sur l’impact du cyclone Katrina sur l’économie américaine, et donc un regain d’optimisme sur l’orientation de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Les investisseurs, qui craignaient auparavant que la Fed s’abstienne de relever son principal taux directeur à plus de 3,5 % actuellement en réaction aux dévastations de Katrina, commençaient en effet à réviser leurs pronostics et à se rassurer sur l’évolution des taux américains. La probabilité attachée à un relèvement du principal taux directeur de la Fed à 3,75 %, lors de la réunion de son comité de politique monétaire le 20 septembre, l’a donc emporté sur l’hypothèse d’une pause monétaire. À cet égard, les marchés ont été rassurés hier par les propos haussiers sur les taux tenus par la présidente de la banque de Réserve de San Francisco, Janet Yellen, membre non votante du comité de politique monétaire de la Fed, mais dont les avis ont du poids. Cela d’autant que la veille, le président de la banque de Réserve de Chicago et membre votant du comité de politique monétaire de la Fed, Michael Moscow, s’était inquiété de l’inflation aux États-Unis, laissant entendre que la priorité de la Fed restait de contenir la hausse des prix et qu’une pause n’était pas à l’ordre du jour de ce comité. Cela étant, et compte tenu aussi de l’annonce que les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis ont baissé de 1 000 pour s’établir à 319 000 à la fin de la semaine se terminant au 3 septembre, les opérateurs ont estimé devoir se positionner davantage sur le dollar, dans la mesure où cette statistique reflète des créations d’emplois non agricoles malgré la catastrophe de l’ouragan Katrina qui devait entraîner des pertes d’emplois. En effet, l’euro ne tardait pas à payer les frais de tous ces développements, se négociant finalement à New York en nouvelle baisse de 0,10 % à 1,2402 $ contre 1,2415 $ la veille.
Les Bourses consolident leurs gains
La Bourse américaine a consolidé ses gains des dernières séances hier, sans trouver de soutien dans un nouveau repli des prix pétroliers et un bon chiffre de l’emploi pour la semaine dernière. La probabilité attachée à un prochain resserrement de la politique monétaire de la Fed semble peser sur la tendance. Il en est de même des craintes liées à l’impact négatif de Katrina, qui a paralysé pendant plus d’une semaine une grande partie des infrastructures pétrolières du golfe du Mexique, sur les résultats trimestriels des compagnies pétrolières. En outre, la cote a souffert aussi de l’annonce par Ford d’un rappel massif de ses véhicules et de l’avertissement de Coca-Cola que son bénéfice sera inférieur aux attentes du marché au 3e trimestre à cause d’une série de problèmes en Europe.
Les Bourses européennes ont subi des prises de bénéfices, après trois jours de progression. La mise en garde lancée hier par la Banque centrale européenne, sur les risques inflationnistes de la montée des prix pétroliers dans la zone euro, et les mauvais résultats de certaines sociétés (Lafarge, Suez, Iliad, Axalto…) ont assombri le climat entourant la cote.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont poursuivi leur mouvement ascensionnel, remontant de 12,23 $ à 12,34 $ et de 12,47 $ à 12,56 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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