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Un monde étonné observe les États-Unis en lutte avec les éléments

Le monde assiste non sans étonnement au combat de la superpuissance américaine avec les effets de l’ouragan Katrina. Certains ne manquent pas de relever que le chaos provoqué à cette occasion met en évidence les défauts et les divisions de la société américaine. Dirigeants et simples citoyens étrangers ont exprimé leur solidarité avec les habitants du sud des États-Unis dont la vie a basculé avec le passage de l’ouragan et les inondations qui l’ont suivi. Mais beaucoup ont aussi été choqués par les images d’anarchie diffusées à l’échelle internationale – pillards écumant des rues jonchées de débris, milliers de personnes attendant à La Nouvelle-Orléans que les autorités leur fournissent de l’eau, des vivres et d’autres fournitures. « Anarchie aux USA », proclame le Sun, tabloïd dont le tirage est le plus fort de la presse britannique. « Apocalypse Now », titre le quotidien allemand Handelsblatt. Les photos de la catastrophe ont remis en mémoire des crises survenues dans les plus pauvres pays de la terre, par exemple le tsunami de décembre dernier dans l’océan Indien, dont le bilan a dépassé les 230 000 morts ou disparus. Certains voient cependant ces catastrophes d’un œil moins critique que les suites de l’ouragan Katrina. « Je suis absolument écœuré. Après le tsunami, nos populations, même celles qui avaient tout perdu, cherchaient à aider ceux qui souffraient », a déclaré Sajeewa Chinthaka, un Sri Lankais de 36 ans. « Pas un seul touriste pris dans le tsunami n’a été agressé. Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe aux États-Unis, on voit bien où se trouve la partie civilisée de la population mondiale. » De nombreux journaux braquent les projecteurs sur les critiques adressées aux autorités locales ou régionales, et au président George Bush. Certains comparent les opérations de secours péniblement mises en route dans le Sud américain aux fonds et aux moyens massifs mobilisés pour la guerre d’Irak. « Une métropole moderne qui sombre sous les eaux et dans l’anarchie, c’est un spectacle bien cruel pour un champion de la sécurité comme Bush, écrit le quotidien français Libération. Bien au sec dans son djebel (le chef du réseau el-Qaëda, Oussama) Ben Laden doit être mort de rire. » Les commentateurs observent que les victimes de l’ouragan sont en nombre écrasant des Afro-Américains trop démunis pour fuir la région alors que l’ouragan approchait. La Nouvelle-Orléans compte la cinquième population noire des États-Unis et 67 % de ses habitants sont noirs. « Dans l’un des États les plus pauvres du pays, où les Noirs gagnent moitié moins que les Blancs, cela revêt une dimension raciale », écrit l’auteur d’un article du Guardian britannique. « L’Amérique regarde, décontenancée, un tiers-monde dans ses propres frontières, fracassé et violent, écrit le quotidien allemand Die Welt. Des pilleurs armés humilient des policiers en sous-effectifs. Dans le Superdome de La Nouvelle-Orléans (...) 20 000 personnes végètent comme dans un camp pour réfugiés de guerre », ajoute le quotidien conservateur. « Third World, USA », titre le quotidien autrichien Der Standard (centre-gauche). « Katrina, écrit-il, a rendu visible de façon choquante l’énorme décalage entre l’appareil technologique supérieur de la superpuissance et les conditions dignes du tiers-monde de l’arrière-pays aux États-Unis ». Le journal viennois souligne que « sous le climat idéologique du gouvernement Bush, on considère la population noire pauvre, au mieux avec un mélange de désarroi, de désintérêt ». Enfin, la presse francophone belge dénonce l’incapacité du « pays le plus riche de la planète » qui « laisse les plus démunis, pauvres, malades, âgés, livrés à eux-mêmes face à un cataclysme prévisible et... prévu », écrit Le Soir.

Le monde assiste non sans étonnement au combat de la superpuissance américaine avec les effets de l’ouragan Katrina. Certains ne manquent pas de relever que le chaos provoqué à cette occasion met en évidence les défauts et les divisions de la société américaine.
Dirigeants et simples citoyens étrangers ont exprimé leur solidarité avec les habitants du sud des États-Unis dont la vie a basculé avec le passage de l’ouragan et les inondations qui l’ont suivi. Mais beaucoup ont aussi été choqués par les images d’anarchie diffusées à l’échelle internationale – pillards écumant des rues jonchées de débris, milliers de personnes attendant à La Nouvelle-Orléans que les autorités leur fournissent de l’eau, des vivres et d’autres fournitures.
« Anarchie aux USA », proclame le Sun, tabloïd dont le...