L’euro a continué sur sa lancée de la veille face au dollar sur les marchés des changes internationaux, le billet vert essuyant encore une fois hier une nouvelle salve de mauvaises statistiques américaines. En plus des dégâts matériels de l’ouragan Katrina, incitant le président George W. Bush à tenir une réunion urgente avec ses conseillers économiques en présence du président de la Fed, Alan Greenspan, pour discuter de l’impact de ce cyclone sur l’économie des États-Unis, le dollar a été frappé par la publication d’un indice d’activité industriel américain (ISM) en baisse en août, à 53,6 points contre 56,6 points en juillet. Cela d’autant que les investisseurs ont été déçus aussi par l’augmentation des demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis de 300 000 pour s’établir à 320 000 au cours de la semaine close le 27 août par rapport à la précédente, dans la mesure où ce développement reflète des suppressions d’emplois non agricoles entraînées par le ralentissement de l’économie américaine. Une autre déception est venue également des nouvelles selon lesquelles les dépenses de consommation des ménages américains ont augmenté de 1 % pour le deuxième mois consécutif en juillet à un rythme supérieur à leurs revenus (+0,3 %), les conduisant à puiser dans leur épargne dont le taux est tombé dans le négatif à -0,6 %, soit le plus bas depuis le début de la compilation de cette statistique en 1959. À la faveur de tous ces indicateurs, l’euro ne tardait pas à accentuer ses gains face au dollar surtout après le statu quo observé hier par la Banque centrale européenne, qui a maintenu son principal taux directeur à 2 %, et la baisse du taux de chômage dans sa région à 8,6 % en juillet contre 8,7 % en juin. Compte tenu de tous ces indicateurs et eu égard aux rumeurs qui ont circulé hier que la Fed pourrait faire une pause dans son cycle de resserrement du crédit lors de la réunion de son comité de politique monétaire le 20 septembre, l’euro est parvenu à franchir le seuil de 1,25 $ (à 1,2515 $) pour la première fois depuis fin mai, avant d’achever la journée à New York à 1,2495 $ contre 1,2340 $ la veille, en nouvelle hausse de 1,26 %.
Morosité à Wall Street et hausse des Bourses européennes
La Bourse américaine a fait preuve de morosité alors que le marché craint une pénurie d’essence aux répercussions sévères pour l’économie des États-Unis. La tendance était tombée dans le rouge dès le début de la journée dans la foulée des statistiques décevantes publiées hier, pendant que Wal-Mart mettait en garde contre le fait que le cyclone Katrina et les prix élevés du pétrole et de l’essence pourraient plomber les ventes de septembre. Dans ce contexte, l’annonce par Ford et Chrysler des hausses de 15 %, de 6,3 % et de 5 % respectivement de leurs ventes aux Etats-Unis en août dernier sur un an est passée comme inaperçue.
En revanche, les Bourses européennes ont poursuivi leur mouvement ascensionnel, la hausse des pétrolières ayant contribué selon un scénario identique à la veille à maintenir les indices boursiers dans le vert. Les chiffres rassurants sur l’économie de la zone euro et les nouvelles sur des opérations de fusions et acquisitions entre plusieurs sociétés ont redonné plus d’actualités aux placements en actifs européens.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere a été encore une fois diversement traitée avec la hausse des actions A de 12,04 $ à 12,19 $ et la baisse des actions B de 12,05 $ à 12,03 $.
Élie KAHWAGI
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