Rechercher
Rechercher

Actualités - Biographie

Disparition Élie Snaïfer n’est plus La dernière réplique…(photos)

Qui ne connaît pas ce visage chaleureux et plein de bonhomie, mais voué aussi à jouer un peu les mauvais garçons aux mauvais tours finalement pas si méchants que ça ? Qui ne connaît pas cette voix aux accents marqués d’un « r » zozotant et vouvoyant qui donnait aux répliques, devant les caméras et sous les feux de la rampe, une tonalité particulièrement savoureuse en arabe ? On ne présente plus Élie Snaïfer, figure de proue du théâtre libanais et des feuilletons télévisés les plus populaires. Une longue carrière jalonnée de succès où le public, par-delà l’estime de son talent et de ses multiples performances scéniques, l’affectionnait et sympathisait réellement avec lui. Né à Hadeth qui l’a gratifié d’un « wissam » récompensant ses activités de comédien, Élie Snaïfer a été le premier acteur au Liban et dans le monde arabe à affronter avec courage et un talent inédit l’œil de la caméra du petit écran. Pour la plupart des spectateurs, il restera sans nul doute l’un des personnages les plus attachants dans son rôle du Bossu de Notre-Dame, intitulé al-Akhrass. Il fut pour longtemps aussi le compagnon des téléspectateurs dans la série à caractère social et civiquement éducative, avec toujours une fin tirant sur la sonnette d’alarme de la morale d’Abou Melhem. Sans oublier qu’il a triomphé aussi dans la fresque historique du Oumbachi de Bahige Hojeij. Terrassé par une crise cardiaque dimanche dernier (il avait pourtant subi une opération à cœur ouvert il y a déjà quelque temps), il laisse, à soixante-dix ans, une famille éplorée de douleur, ainsi que la grande famille de comédiens qui croyaient en son amitié, sa sincérité et partageaient avec lui sa passion du monde des planches. Tout comme ses deux fils qui lui ont même donné la réplique sous les spots, avec un remarquable professionnalisme qui a battu les records de l’audimat, lors de leur enfance, dans Sitt el habayib ya baba. Deux jeunes gens qui sont aujourd’hui médecins. Et comment oublier aussi ses prestations dans les opérettes des Rahbani ? Il est un moukhtar en or dans Meiss el-Rim. Tout comme un père attendrissant dans Wadi Shamssin. Élias Rahbani a les propos vibrants pour lui quand il évoque son souvenir. Il dit en substance : «Élie Snaïfer, avec qui j’ai eu la chance de travailler, avait une personnalité et une présence exceptionnelles. Il a dispensé tant de joie au public, surtout à l’âge d’or de Beyrouth, c’est-à-dire dans les années 1960-1970. Cette joie que Dieu même voudrait généreuse pour les hommes. Les acteurs sont comme des oiseaux migrateurs, il y en a toujours qui tombent dans ces vols battant l’aile pour ailleurs … On a beaucoup de tristesse et de douleur de savoir qu’Élie Snaïfer est parti, lui qui remplissait nos vies et nos soirées devant le petit écran.» La télévision a été son champ de bataille et sa demeure. Il a su avec finesse s’adapter à toutes les situations et vicissitudes, et tous les revirements. Et s’il a émergé, tout en donnant avec beaucoup de doigté la réplique à l’ancienne garde des acteurs qui ont créé l’embryon du mouvement théâtral libanais à son âge d’or, il fraya avec pas moins d’enthousiasme et un sens décontracté de la modernité avec la nouvelle génération. Génération d’artistes bardés de diplômes universitaires, dont il était un pair absolu et qui ont formé une nouvelle vague de comédiens talentueux. Rappelons qu’Élie Snaïfer a été récompensé pour ses prestations dès les années 1970 : feu le président Frangié lui a décerné, pour son rôle dans al-Akhrass, un Murex d’or. Le président Émile Lahoud l’a fait chevalier de l’Ordre du Mérite national. La fondation de l’émir al-Walid ben Talal a salué bien haut son talent . Et pour conjurer ses rôles de dévoyé et de perfide qu’il campait avec tant d’inspiration et de cynisme, une bénédiction papale lui a été accordée pour sa composition du personnage du félon Judas. Un émouvant témoignage pour les touches finales d’un portrait brossé un peu en hâte, comme cette mort cruelle et injuste qui sape les projets et vole tous les rêves de la vie, celui de Roméo Lahoud, un autre homme des planches:«Élie Snaïfer est un acteur exemplaire. Il respectait scrupuleusement ses engagements et prenait au sérieux ses rôles. Ce métier, au sens noble du terme, était fait pour lui…» Edgar DAVIDIAN

Qui ne connaît pas ce visage chaleureux et plein de bonhomie, mais voué aussi à jouer un peu les mauvais garçons aux mauvais tours finalement pas si méchants que ça ? Qui ne connaît pas cette voix aux accents marqués d’un « r » zozotant et vouvoyant qui donnait aux répliques, devant les caméras et sous les feux de la rampe, une tonalité particulièrement savoureuse en arabe ? On ne présente plus Élie Snaïfer, figure de proue du théâtre libanais et des feuilletons télévisés les plus populaires. Une longue carrière jalonnée de succès où le public, par-delà l’estime de son talent et de ses multiples performances scéniques, l’affectionnait et sympathisait réellement avec lui.
Né à Hadeth qui l’a gratifié d’un « wissam » récompensant ses activités de comédien, Élie Snaïfer a été le premier...