L’euro a perdu du terrain hier face au dollar sur les marchés des changes internationaux après un bon départ sur fond d’inquiétude de l’effet négatif sur les dépenses des Américains et sur les craintes d’inflation aux États-Unis avec la nouvelle flambée des prix du pétrole. La monnaie unique, qui avait donc bénéficié de la remontée du prix du baril du brut à plus de 70 $ dans la matinée après le déferlement de l’ouragan Katrina sur les cotes américaines et l’évacuation d’un grand nombre d’installations pétrolières, n’a pas tardé à subir la pression des ventes bénéficiaires. À cela auraient contribué les nouvelles selon lesquelles le Centre national des ouragans aux États-Unis a décidé de rétrograder Katrina de cyclone intense à cyclone de catégorie 3 après avoir touché terre. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre que les États-Unis étaient prêts à puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole (quelque 700 millions de barils) pour répondre à d’éventuelles demandes des raffineries en difficulté en raison du passage du cyclone Katrina dans le golfe du Mexique. La sensible détente des prix pétroliers intervenue après ces deux développements a donc redonné plus d’actualité aux placements en actifs américains à la veille de la publication de plusieurs indicateurs économiques aux États-Unis à partir d’aujourd’hui dont la confiance des consommateurs en août et les commandes industrielles en juillet, ainsi que les minutes de la dernière réunion de la Fed du 9 août sur l’état de l’économie américaine. Dans cette attente, les opérateurs, qui se sont débarrassés de leurs inquiétudes au sujet du cyclone Katrina, ont estimé devoir rééquilibrer leurs positions de change au profit du dollar. L’euro devrait donc souffrir de ce changement d’humeur, se négociant finalement à New York sur un ton faible à 1,2225 $, après 1,2327 $, contre 1,2290 $ vendredi dernier, en baisse de 0,53 %.
Les Bourses en hausse
La Bourse américaine a évolué dans le vert hier malgré le passage de Katrina dans le sud des États-Unis. La détente des prix du pétrole, après que les États-Unis eurent indiqué qu’ils étaient prêts à puiser dans leurs réserves stratégiques, semble expliquer ce changement de la tendance. En outre, l’annonce par Wal-Mart que ses ventes avaient augmenté de 3,3 % en août aux États-Unis a contribué au raffermissement du marché. La confirmation par le géant de l’industrie militaire américaine, Northrop Grumman, de ses prévisions de chiffres d’affaires pour l’exercice 2005 (31,5 milliards $) et de bénéfices par action (4 $) livrées fin juillet, a également soutenu la tendance. Par ailleurs, les dégâts occasionnés par Katrina avaient aussi leur côté positif pour certains secteurs de la cote, comme les sociétés de construction et de bricolage.
Les Bourses européennes sont parvenues aussi à rebondir après une semaine de baisse, en dépit d’un nouveau record du pétrole. Le retournement de la tendance à Wall Street semble expliquer ce mouvement ainsi que la hausse des actions des sociétés productrices de pétrole. Les nouvelles selon lesquelles une réunion se tiendra le 27 septembre entre les opérateurs de télécoms et des organisations de consommateurs, pour mettre à plat tous les sujets de friction, ont également soutenu la tendance.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont continué sur leur lancée de la semaine dernière, progressant de 12,31 $ à 12,36 $ et de 12,25 $ à 12,28 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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