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Actualités - Opinion

Humeur Gibran a dû se retourner dans sa tombe!

Byblos. Un cadre enchanteur pour un festival qui a pris ses marques dans le paysage artistique du pays comme pourvoyeur de spectacles de qualité donnés dans une ambiance cool. Durant les chaudes nuits d’été méditerranéennes, la ponctualité suisse n’est pas de mise. Aussi, les organisateurs ont-ils pris le pli de fixer systématiquement l’horaire des représentations une demi-heure à l’avance afin de permettre aux innombrables retardataires de ne pas manquer les premières scènes. Ils ont même prévu, pour les invétérés d’entre eux, des chaises en rade des gradins, pour qu’ils puissent s’asseoir quelques instants en attendant de pouvoir se faufiler à leur place à la faveur d’une pause ou entre deux tableaux. On ne peut pas être plus complaisant! Mais cela ne suffit apparemment pas à certains grossiers personnages. Lesquels, non contents d’arriver plus de trois quart d’heure en retard, se permettent en plus de rudoyer et de bousculer les jeunes hôtesses qui leur barrent – gentiment, trop gentiment peut-être – l’accès aux gradins. Les gaillards des forces de l’ordre, qui sont en poste sur place, seraient sans doute plus convaincants avec des rustres pareils. Mais, ne pouvant intervenir que dans les rixes, sinon sur directive expresse, ils se contentent de regarder la scène sans broncher! Ce comportement qu’on ne peut qualifier que de sauvage a atteint son paroxysme avant-hier soir, lors d’une représentation de Gibran et le Prophète, des Rahbani, au Festival de Byblos. Alors que le spectacle avait commencé depuis plus d’une demi-heure, une foule compacte se pressait encore à l’entrée des gradins. Des retardataires qui, n’obéissant ni aux injonctions des hôtesses ni à la plus élémentaire des considérations que l’on doit avoir pour les comédiens sur scène, réclamaient à cor et à cri de rejoindre les rangées des spectateurs. Piaillements, altercations, bousculades et défilés permanents dans les allées ont ainsi perturbé une bonne partie de cette comédie musicale. Sans compter les prises de bec entre spectateurs assis, énervés – à juste titre – et les nouveaux arrivants. Qui, poussant le bouchon à fond, insultaient ceux qui osaient leur demander de patienter quelques minutes en silence. Plutôt qu’à un spectacle d’art et de culture, c’est à une foire au bétail que l’on se serait cru! On savait que le Libanais lambda n’a que faire des règles les plus élémentaires du savoir-vivre. Arriver à l’heure aux concerts, éteindre son portable durant les représentations, ne pas enfumer de son gros cigare ses voisins, autant de notions qu’il ignore royalement. Normal pour quelqu’un qui va au spectacle pour être vu bien plus que pour voir. Mais là, c’en est trop. On reste coi devant un tel niveau de grossièreté. Mais quel public avons-nous au Liban? À quelle qualité de spectateurs sont confrontés nos artistes? Si ceux qui viennent écouter le verbe tout en sensibilité d’un de nos plus grands poètes ont de tels comportements, que laissent-ils aux incultes et aux ignares? Gibran doit se retourner dans sa tombe, en constatant bien tristement qu’au XXIe siècle, son peuple, ce peuple qu’il a glorifié dans – et par – ses écrits, est encore bien loin d’avoir acquis les valeurs, le sens de l’élévation et de la dignité humaine qu’il n’a eu de cesse de célébrer par sa plume. Beyrouth reste encore très loin de sa ville rêvée… Zéna ZALZAL

Byblos. Un cadre enchanteur pour un festival qui a pris ses marques dans le paysage artistique du pays comme pourvoyeur de spectacles de qualité donnés dans une ambiance cool.
Durant les chaudes nuits d’été méditerranéennes, la ponctualité suisse n’est pas de mise. Aussi, les organisateurs ont-ils pris le pli de fixer systématiquement l’horaire des représentations une demi-heure à l’avance afin de permettre aux innombrables retardataires de ne pas manquer les premières scènes. Ils ont même prévu, pour les invétérés d’entre eux, des chaises en rade des gradins, pour qu’ils puissent s’asseoir quelques instants en attendant de pouvoir se faufiler à leur place à la faveur d’une pause ou entre deux tableaux.
On ne peut pas être plus complaisant!
Mais cela ne suffit apparemment pas à certains...