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Actualités - Chronologie

Les chrétiens ultraconservateurs US volent au secours des colons

La droite ultraconservatrice chrétienne américaine, attachée à l’intangibilité des frontières de l’État hébreu, vole au secours des colons de la bande de Gaza pour dénoncer le désengagement israélien, s’exprimant davantage que les juifs américains plutôt résignés. « C’est un désastre, une erreur », déplorent des responsables de groupes conservateurs chrétiens, interrogés par l’AFP quelques jours après le début des opérations de retrait. Regroupés sous l’appellation de « Christian Right », les quelque 60 millions de fidèles auxquels le président Bush doit en partie sa réélection en 2004 se définissent, pour certains d’entre eux et notamment pour les évangélistes, comme « plus juifs que les juifs ». « Quand j’interviens dans les synagogues, on me dit souvent que je suis plus religieux et plus pro-Israël que les juifs », reconnaît Gary Bauer, 59 ans, un des hérauts de ce courant évangéliste, ancien candidat à la présidence américaine en 2000 et ancien conseiller du président Ronald Reagan. Pour justifier leur attachement à l’intangibilité des frontières d’Israël et leur refus du désengagement, ils citent d’abord la Bible et « la promesse divine que le Messie viendra sur terre uniquement quand les juifs seront rassemblés en Israël ». Mais s’ajoutent aussi des considérations sécuritaires, des valeurs démocratiques et une défiance envers les Palestiniens qui n’ont, selon eux, pas de légitimité sur la terre d’Israël. Un message que l’extrême droite religieuse israélienne ne renierait pas. « C’est quand même un comble, on demande au plus petit pays du Moyen-Orient de donner ses terres pour avoir la paix », ironise M. Bauer. Que certaines parties d’Israël ne soient plus habitées par des juifs relève, toute simplement pour lui, de l’« aberration ». Il se montre dès lors très inquiet quand la secrétaire d’État Condoleezza Rice réclame au gouvernement israélien « de rendre davantage de terres aux Palestiniens ». « Je pense que le désengagement est une très mauvaise idée qui va probablement conduire à un nouveau conflit », ajoute-t-il, se déclarant « sceptique » sur la possibilité d’un État juif et d’un autre palestinien côte à côte. Walter Jones, un responsable d’une organisation qui revendique les valeurs américaines pour le Christ (Reclaiming America for Christ), se déclare, pour sa part, « extrêmement déçu » par la décision d’Israël de se retirer de Gaza, en jugeant qu’« elle va accroître la souffrance du peuple juif. Les Palestiniens ne pensent qu’à détruire Israël et ce retrait va encourager leur violence ». Le révérend et ancien aumônier militaire James Hutchens, un responsable de l’organisation « Chrétiens sionistes » (Zionists Christian), définit le retrait comme une « récompense » accordée aux Palestiniens. « Bush s’occupe uniquement d’el-Qaëda, mais il ne faut pas oublier les mouvements palestiniens qui en sont à l’origine. C’est (Yasser) Arafat (ancien président de l’Autorité palestinienne) le père des attaques-suicide », déclare-t-il. Des prêtres de ces différentes associations organisent en outre régulièrement des collectes de fonds pour financer des installations de juifs en Israël. Véronique KISS/AFP

La droite ultraconservatrice chrétienne américaine, attachée à l’intangibilité des frontières de l’État hébreu, vole au secours des colons de la bande de Gaza pour dénoncer le désengagement israélien, s’exprimant davantage que les juifs américains plutôt résignés.
« C’est un désastre, une erreur », déplorent des responsables de groupes conservateurs chrétiens, interrogés par l’AFP quelques jours après le début des opérations de retrait.
Regroupés sous l’appellation de « Christian Right », les quelque 60 millions de fidèles auxquels le président Bush doit en partie sa réélection en 2004 se définissent, pour certains d’entre eux et notamment pour les évangélistes, comme « plus juifs que les juifs ». « Quand j’interviens dans les synagogues, on me dit souvent que je suis plus...