Rechercher
Rechercher

Actualités

Photographie L’hommage de Doisneau aux imprimeurs clandestins de la Résistance

Au lendemain de la libération de Paris, Robert Doisneau voulut rendre hommage aux imprimeurs clandestins, rouages essentiels de la Résistance, trop souvent oubliés. Son travail documentaire sur leur activité irremplaçable est exposé en 48 clichés au musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne. Pour reconstituer la vie de ces imprimeurs parisiens, Doisneau a fait poser les professionnels sur les lieux de leurs activités clandestines et souvent nocturnes (caves, arrière-boutiques, ateliers). Doisneau, pour qui «un restant de mépris intellectuel pour le travail manuel» semble expliquer le manque de reconnaissance envers les imprimeurs, immortalise leurs gestes précis et appliqués. Il soigne la lumière sur ses personnages, mais aussi sur les pots d’encre, le papier stencil, les casses, les presses, avec lesquels étaient fabriqués les faux papiers, les journaux clandestins, les tracts, en dépit de la rareté du papier et de la surveillance étroite de la police. Il montre ainsi Claude Oudeville, spécialiste des faire-part de décès et de cartes de visite, qui a tiré sur une machine élémentaire les 350 premiers exemplaires du texte fondateur des Éditions de Minuit, Le silence de la mer de Vercors. Il avait travaillé seul, le plus souvent à l’heure de la pause déjeuner, pour éviter les indiscrétions. Doisneau lui-même avait mis ses talents au service de la Résistance, reproduisant des cartes de tout type, et savait ce que ce genre d’activité suscitait de méfiance et de peur. Pour illustrer cette crainte permanente, il met en scène des imprimeurs qui travaillaient tout en surveillant la porte d’entrée de leur local. Dans le second volet de l’exposition, le parcours d’un imprimé clandestin est retracé en 13 photos : de la première étape, la dactylographie, au lâchage de tracts, en passant par le tirage sur la ronéo, un matériel souvent utilisé par les résistants car facile à cacher et à transporter. Pour les gros tirages de la presse clandestine – plus d’une centaine de journaux sortaient aux derniers jours de l’occupation –, on utilisait le plus souvent de grosses machines typographiques, chez des imprimeurs qui avaient par ailleurs une activité légale. Les photos de l’exposition, prises entre l’automne 1944 et début 1945, sont le fruit de la collaboration de Doisneau avec Pierre Betz, directeur de la revue artistique et littéraire Le Point, dont l’édition de mars 1945, consacrée aux imprimeurs de la Résistance, a publié certains des clichés. Le photographe se lança dans cette entreprise pour «réparer une injustice» et rendre hommage aux imprimeurs, sans qui la Résistance n’aurait jamais pu se faire connaître. Un «beau métier (...) passé sous l’épreuve de la nuit et du sang», selon les termes de Jean Cassou. Sur les 1 200 travailleurs résistants du livre (ouvriers et maîtres imprimeurs), 400 ont été tués.
Au lendemain de la libération de Paris, Robert Doisneau voulut rendre hommage aux imprimeurs clandestins, rouages essentiels de la Résistance, trop souvent oubliés. Son travail documentaire sur leur activité irremplaçable est exposé en 48 clichés au musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne.
Pour reconstituer la vie de ces imprimeurs parisiens, Doisneau a fait poser les professionnels sur les lieux de leurs activités clandestines et souvent nocturnes (caves, arrière-boutiques, ateliers).
Doisneau, pour qui «un restant de mépris intellectuel pour le travail manuel» semble expliquer le manque de reconnaissance envers les imprimeurs, immortalise leurs gestes précis et appliqués.
Il soigne la lumière sur ses personnages, mais aussi sur les pots d’encre, le papier stencil, les casses, les presses, avec lesquels...