Une lutte d’influence entre la France et les États-Unis se déroule sur le continent africain.
On peut s’interroger sur l’intérêt que représente l’Afrique pour la France et les Etats-Unis, et sur le point de savoir si ces intérêts contredisent ceux des populations africaines.
Celles-ci vont-elles profiter un jour de leurs richesses ?
L’Afrique n’est plus la chasse gardée de la France et de l’Europe, il y a une volonté des États-Unis d’investir dans ce continent en général et en Côte d’Ivoire en particulier.
L’américanisation du continent africain va ainsi s’opposer à une certaine forme de paternalisme français qui, du coup, sera interprété comme une libéralisation des économies. En effet, une nouvelle génération de dirigeants proaméricains est née avec un discours novateur. Ainsi, une lutte sans merci sera engagée contre le néocolonialisme et l’impérialisme.
Un projet d’environ 45 milliards de francs CFA : tel est le coût des nouveaux locaux de la représentation diplomatique américaine à Abidjan.
Ainsi, les États-Unis montrent leur engagement en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest.
Pour que ce pays, traditionnellement très regardant sur l’environnement sociopolitique dès lors qu’il s’agit d’entreprendre, ose investir et établir la plus grande chancellerie de l’Afrique de l’Ouest, c’est qu’il entrevoit un avenir prometteur en Côte d’Ivoire et, par ricochet, dans l’ensemble de la région.
La Côte d’Ivoire est l’un des principaux partenaires commerciaux des USA. En 2004, elle a exporté vers les États-Unis pour plus de 425 milliards de francs CFA, et les perspectives sont bonnes pour 2005-2006. Pendant que d’autres pays partent et privilégient la doctrine de niingérence ni indifférence, les USA se manifestent à travers des aides et autres dons, dont la dernière en date (42 millions de dollars) a été octroyée à la Côte d’Ivoire pour faire face à la pandémie de sida. Les exemples abondent. Depuis quinze ans, les USA multiplient les accords avec les pays africains, y compris ceux de l’ancien « précarré » français. L’intérêt politique et économique pour l’Afrique s’est considérablement accru ces dernières années, et surtout pour le golfe de Guinée.
Le secteur pétrolier
L’un des plus grands gisements d’Afrique se trouve en Côte d’Ivoire, pays dont la vaste structure géologique pourrait receler des réserves atteignant 2 milliards de barils, ce qui en ferait l’un des plus grands gisements de l’Afrique de l’Ouest. Le forage et l’exploitation se feront par une société américaine, Vanco Energy.
Michelle Alliot-Marie, ministre de la Défense, disait tout récemment après les tristes évènements du mois de novembre : « Nous avons peu de ressortissants français aujourd’hui en Côte d’Ivoire. La France n’a pas d’intérêts économiques ou militaires majeurs. Notre seul souci est d’éviter une division de ce pays ». Dans la pratique, on constate la présence de près de 4 000 soldats de la force Licorne dans une base militaire (43e BIMA). Le dispositif de base et les troupes militaires en Afrique constituent depuis plus de quarante ans l’un des piliers de ce système.
Cette présence coûte au contribuable français la bagatelle de 190 millions d’euros par an. Pourquoi entretenir une armée à hauteur de 10 milliards de francs CFA par mois ?
Georges Clemenceau ne disait-il pas : « Une goutte de pétrole vaut une goutte de sang » ? C’est que la France veut le pétrole à tout prix. Même dans son précarré, Paris n’est plus capable d’imposer ses points de vue.
Sans pour autant concurrencer frontalement ou ouvertement la France dans ses anciennes colonies, les USA n’en font pas moins des pas de géant dans toute l’Afrique.
Imad BADREDDINE
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