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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

« Sacrifices » syriens Nous sommes fiers d’avoir au Liban un journal aussi libre et honnête, nous vous en remercions tous les jours, vous avez certainement aidé à la révolution des Libanais. Je voudrais m’insurger contre la propagande que ne cessent de distiller les Syriens pour rappeler leurs sacrifices, disent-ils, au Liban. S’il vous plaît, expliquez-leur que personne n’est dupe. Il faut qu’ils se rappellent le nombre des victimes civiles innocentes de leurs bombardements et agissements sauvages depuis 1976, des dégâts et des destructions causés par leurs « sacrifices ». Que bombarder, détruire le palais présidentiel et ses alentours (entre autres) ne sont pas un sacrifice pour aider les Libanais, pas plus que le fait de racketter la population et l’État, détourner des sommes faramineuses et promouvoir la corruption et le clientélisme.... et la liste et longue. En vous souhaitons bonne continuation et bon courage. Roger SALET Paris Allégresse et enchantement à Baalbeck Samedi dernier, à Baalbeck, nous avions rendez-vous avec le beau, le sublime, le magnifique. Le concert de l’orchestre du Festival de Vilnius, fleuri par la présence du prodigieux violoniste Vadim Répin, nous a fait vivre sur les marches de ce grandiose temple de Bacchus d’intenses moments d’allégresse. Cela nous a par ailleurs fait oublier le spectacle de triste mémoire présenté au Forum de Beyrouth. Mesdames et messieurs les membres du comité du Festival de Baalbeck, bravo pour le choix de ce grand musicien et de ce magnifique orchestre, bravo pour le programme et bravo surtout pour le silence extérieur au temple, vous avez dû certainement l’organiser. Vous avez replacé le Festival national dans la classe des manifestations mondiales. Il faut reconnaître que votre tâche n’est pas toujours aisée, mais vous êtes priés de continuer votre mission ; le Liban et sa jeunesse ont besoin de vous dans la mesure où il vous est demandé d’être un phare dans le domaine de l’art. Merci encore pour tous vos efforts. Walid MOUZANNAR NB : Un petit regret quand même : n’étaient les rappels, la participation de Vadim Répin faisait un peu nouvelle cuisine, très bonne mais pas assez copieuse. Excusez notre appétit ! Les bases du dialogue Par où commencer le dialogue national et sur quelles bases ? Je pense que pour entamer un dialogue, il faut des règles. Il y a un tronc commun de principes de liberté et d’égalité sans lesquels il ne peut y avoir de dialogue. Ce tronc commun pourrait être le suivant : Le pays est reconnu par tous dans ses frontières actuelles. La démocratie est la base même de la réflexion. Les pouvoirs sont issus du peuple et sont retirés par le peuple selon des règles à définir. Tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs. La liberté de culte est garantie pour tous, sans aucune pression et dans le respect mutuel. Les libertés individuelles sont préservées dans le cadre des lois en vigueur. La Constitution n’est pas immuable et évolue avec l’évolution des mentalités. La solidarité nationale est à la base de la réflexion, et l’homme est au centre. La justice est aveugle et indépendante du pouvoir politique. Elle est rendue au nom du peuple. Les citoyens résidant à l’étranger ont des droits qu’il faut préserver et expliciter. L’histoire appartient à l’histoire et doit être écrite et interprétée sans états d’âme, les leçons du passé devant servir à forger l’avenir. Le pays évolue dans un environnement régional et mondial, et doit prendre ces deux dimensions en considération. La défense nationale est le problème de tous les citoyens sans exception. L’éducation est obligatoire, au moins jusqu’au niveau complémentaire. La couverture santé est assurée pour tous. L’accès à l’enseignement supérieur est un droit pour tous ceux qui le souhaitent. La culture est une composante essentielle de la réflexion. Le patrimoine est une richesse à préserver et à mettre en valeur sans qu’elle soit dénaturée ou occultée. La nature est l’une des plus grandes richesses de notre pays. L’environnement doit être préservé. Joseph ZOGHBI Paris Réponse à une réponse En réponse à M. Samer Daou (L’Orient-Le Jour du 30 juillet 2005), je voudrais dire que nous sommes tous fiers d’être libanais. Il n’y a pas que vous seul. Mais mon message précise clairement que pour reconstruire le Liban, il faut y revenir. Et non pas se contenter de commenter en permanence sans agir. Parler c’est bien, agir c’est mieux. M. Daou, vous pouvez parler autant que vous le désirez, mais les paroles n’ont d’impact que si elles sont suivies d’effets réels et palpables. Et durant la période douloureuse de la guerre, on n’a pas cessé de nous promettre monts et merveilles. Ce n’étaient que des paroles. Il est temps à présent de réaliser soi-même ces monts et merveilles, et d’éviter de faire endosser les responsabilités collectives des échecs aux autres. Les autres n’ont fait que défaire le Liban de ses forces vives. Il ne tient qu’à nous tous de reconstruire sans attendre qui que ce soit. Et puis les gens qui répètent qu’ils souhaitent rentrer au Liban, mais qu’ils ne font pas confiance à nos politiciens, semblent découvrir la réalité des politiques politiciennes. Souvenez-vous que les scandales ne sont pas exclusivité libanaise. Vous n’allez donc pas attendre que nous ayons une classe politique parfaite et angélique pour estimer qu’il est temps de rentrer au Liban. Rien n’est parfait. Tout est améliorable. Et cela se fait en commençant par soi-même. Et au Liban. Le Liban a besoin de vous. Il a été victime des autres et de lui-même. D’accord pour tous les mea culpa. Et après ? Il faut du concret. Serge NEHMÉ Le jour de la liberté Onze ans, trois mois et cinq jours… Telle serait donc la durée, attribuée par le destin, de l’emprisonnement de Samir Geagea. Tout au long de cette période, il perdra certains de ses camarades (à commencer par Fawzi Rassi, jusqu’à Aziz Saleh et Tony Issa, en passant par Ramzi Irani et Pierre Boulos). Des centaines d’autres seront interpellés, interrogés, torturés et parmi eux quelques-uns passeront même des séjours abominables dans les geôles. On tenta à plusieurs reprises d’offrir à Samir Geagea et à ses anciens compagnons le fruit du lotus pour leur faire oublier l’injustice et les pousser à faire des concessions. Certains ne résistèrent pas à la tentation en bradant tous les principes et idéaux des Forces libanaises. Mais l’ermite du ministère de la Défense n’était pas prêt à faire des compromissions pour une fausse liberté aux dépens de ses camarades et des martyrs qui sont tombés durant la guerre. Pendant sa longue traversée du désert, le « hakim » résista à toute pression tout en s’armant de sagesse et de foi. Lui qui avait abandonné ses armes à la fin de la guerre montrait à ses partisans et au peuple entier que les luttes ne sont pas forcément militaires. Les sacrifices peuvent aussi exister politiquement. De par son sens du sacrifice et du courage, Samir Geagea est aujourd’hui un leader établi. En dépit de sa participation à la guerre, comme la plupart des dirigeants actuels, il s’est distingué par plus d’une décennie d’innocence. Quand Ulysse retourna à Ithaque, ce ne fut pas la fin de ses aventures mais le début de nouvelles aventures. Aujourd’hui Samir Geagea se retrouve à l’aube d’une nouvelle ère, non sans défi, de sa carrière politique et d’une nouvelle page dans l’histoire libanaise. Désormais, s’ajoute à son courage et sa patience la liberté. Lui qui n’a jamais cessé d’être physiquement un homme libre. Johnny KAIROUZ Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
« Sacrifices » syriens
Nous sommes fiers d’avoir au Liban un journal aussi libre et honnête, nous vous en remercions tous les jours, vous avez certainement aidé à la révolution des Libanais. Je voudrais m’insurger contre la propagande que ne cessent de distiller les Syriens pour rappeler leurs sacrifices, disent-ils, au Liban.
S’il vous plaît, expliquez-leur que personne n’est dupe. Il faut qu’ils se rappellent le nombre des victimes civiles innocentes de leurs bombardements et agissements sauvages depuis 1976, des dégâts et des destructions causés par leurs « sacrifices ». Que bombarder, détruire le palais présidentiel et ses alentours (entre autres) ne sont pas un sacrifice pour aider les Libanais, pas plus que le fait de racketter la population et l’État, détourner des sommes faramineuses et promouvoir...